voix, leur silence,
sur le chemin de Carlucet, de Gavaudun
constellé de cardamines.
De part et d’autre de la route, les ombellifères
au pied des frênes ruisselants de lumière,
leurs premières feuilles comme des promesses,
vallée de l’Aveyron toujours envoûtante,
elle commence vraiment à Montricoux,
elle s’ouvre en nous,
puis nous montons vers Penne,
les chênes du causse ont mis leurs feuilles,
nous parlons finalement de choses et d’autres,
du temps qui s’accélère,
de la jeunesse où ça ne comptait pas d’avoir la vie
devant soi,
on n’y pensait pas.
[…]
Ce matin,
ce silence qui se penche sur la journée qui commence,
sur tout ce qui vient de s’effacer,
cette lettre où quelqu’un s’est forcé,
ce mutisme après une critique,
ce rire, lorsque je suis sortie du magasin rural,
avec mon accent, mes incompétences en jardinage,
je l’ai entendu éclater comme un orage,
comme si pour avancer nous devons laisser de côté,
dans les souvenirs aussi d’ailleurs,
sinon nous trébuchons sur les mêmes pierres.
Josette Ségura, Jours avec, Éditinter, Collection poésie, 2017, pp. 14-15-17.
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