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19 septembre 2012

Commentaires


Le portrait-vignette en clair-obscur en bas du texte de Deguy est saisissant de mystère et précision à la fois, tout comme l'extrait tout aussi "attachant" qu’un Caravage contemporain…

Grazie mille!

Amicizia

Guidu ___



Comment poser un mot après ce texte profond et mystérieux de M. Deguy... ? Ce mythe du voyage d'Ulysse, ce retour à Ithaque nous met en demeure d'interroger nos désirs et leur ambiguë réalisation. Je relis le chapitre I de la quatrième partie : "Le retour à Ithaque" dans La pensée chatoyante de Pietro Citati (traduit de l'italien par B. Pérol, L'Arpenteur) :
"Il laisse derrière lui l'enchantement, l'espace sans espace, le temps sans temps; et il retourne parmi nous, là où règnent les souffrances et les combats, où les dieux apparaissent masqués. Dans ce passage, il perd une part de lui-même.(...) Le voyage a lieu de nuit, tandis qu'Ulysse dort "d'un sommeil profond, continu, très doux, assez semblable à la mort" (...) car c'est seulement dans la nuit et le sommeil que l'on peut franchir la frontière invisible qui sépare le monde intermédiaire de la réalité quotidienne, à laquelle appartient Ithaque."
Michel Deguy dans son écriture poétique fait durer la tentation de cet "espace sans frontière" entre nos désirs et leur réalisation, immobile, dans le mouvement incertain de l'écriture qui traverse son être.
Guidu a raison, "ce portrait-vignette en clair-obscur est saisissant de mystère" et la photographie qu'il nous propose fait lien entre l'écriture de M.D. et le coeur.


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