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12 juillet 2012

Commentaires


D'accord avec les signataires de ce deuxième communiqué de la commission Poésie du CNL.

Je vous joins ce texte écrit le 6 juillet 2012.

Avant de se satisfaire des résultats d'une enquête BVA pour restructurer sans sérieux ni efficacité le CNL, il serait plus urgent et opportun pour certains au CNL de se poser d'autres questions: 

- celle de la permissivité et de l'impunité économiques et financières accordées aux grands groupes et multinationales qui ont vassalisé des pans entiers de l'édition, qui ont privilégié la demande à l'offre pour tendre aux consommateurs de livres le visage de la médiocrité - et ce au mépris total des lecteurs épris de découvertes.

- celle de l'absence quasi totale de la poésie dans la diffusion (dont la presse écrite, audiovisuelle), dans la distribution (les machines et circuits de distribution sont optimaux pour les gros tirages, inefficients pour les petits tirages, dont la poésie), celle de l'absence quasi totale de la poésie en librairie et autres points de vente, à l'exception du réseau des librairies de création (indispensable pour la vie des livres).

- celle de l'intensité de la littérature qui est loin d'être dévolue au seul roman (d'autres genres, comme la poésie souffrent des mêmes difficultés pour arriver à leurs publics potentiels, comme le théâtre, l'essai...), alors que comme le rappelait Paul Otchakowky-Laurens la langue s'invente dans la poésie).

- celle de la non-reconnaissance totalement injustifiée de facto du tissu éditorial de rechange que sont les moyennes mais surtout petites et micro maisons d'édition: l'essentiel des nouveautés aujourd'hui se publie là.

Il est impensable et politiquement inopérant de supprimer la commission Poésie: cela revient tout simplement à nier le développement durable du livre et le respect fondamental dû à tout lecteur.

Pour certains au CNL, peut-être, la lecture du livre de Bernard Noël "La Castration mentale" peut contrebalancer la lecture des résultats hâtifs de l'enquête BVA qui ne saurait en aucun cas tenir lieu, n'est-ce pas ?, d'une politique du livre digne de ce nom: pour la poésie et autres genres abandonnés et déshabités par les CAC 40 du système éditorial.

Jean Gabriel Cosculluela, 6 juillet 2012

NB: Comme le font à nouveau les membres de la Commission Poésie du CNL, et comme l'ont fait aussi avant eux les signataires de la première pétition plus élargie, nous n'avons pas à nous poser seulement en signataires de pétitions face à cette restructuration du CNL, mais à imposer aussi nos voix d'acteurs du livre: la décision est inique, car due à une méconnaissance irresponsable du tissu éditorial de la poésie aujourd'hui.




"Le poète est en exil, il est exilé de la cité, exilé des occupations réglées et des obligations limitées, de ce qui est résultat, réalité saisissable, pouvoir."

M. Blanchot, L'Espace littéraire, folio essais, p. 318.


Editrice de poésie (editions des vanneaux), j'ai apprécié au cours des années le soutien du CNL et en particulier l'attention bienveillante de Brigitte Comminges, mon interlocutrice de choix, à la commission de poésie. Je souhaite vivement que ce dispositif ne soit pas détruit, cette perspective de changement m'apparaît comme effondrement d'espoir d'être soutenue dans mon effort constant où j'ai quotidiennement l'impression de tirer une charrette trop lourde, et la main sûre et amicale qui aide à pousser malgré les chaos et les nids de poule, est bien nécessaire... Quelles carottes nous propose-t-on pour faire avancer la mule ? Je n'y comprends rien ! Les pétitions m'éclairent un peu mais sont en contradiction avec les déclarations de monsieur Colosimo. Pourquoi ce monsieur cherche-t-il à nous rassurer ? Pourquoi des mensonges ? Qui va en bénéficier ? Qui fait pression ? Sur lui ? Ou bien cherche-t-on à créer un climat de "soupe" vague où la poésie va surnager comme des débris de poisson mort ? C'est quoi cette marée noire ? Au secours !


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