https://terresdefemmes.blogs.com/.a/6a00d8345167db69e2026bdeb2246c200c-popup 1er juillet 1804 | Naissance de George Sand - Terres de femmes
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    Angèle Paoli, Italies Fabulae
    Éditions Al Manar, 2017.



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Commentaires


Après l'avoir écoutée longuement, quand Pulcherie, la soeur de Lélia, prend la parole pour lui répondre, c'est durement :
"-... Tu voulais être sublime et tu n’étais même pas grande. Voilà ce que c’est que de vouloir s’isoler des joies vulgaires et se faire une destinée de choix et d’exception ! Vous vous sentiez trop noble pour partager également le bonheur avec une autre créature ; vous avez voulu le lui donner sans le recevoir. Eh bien ! vous êtes restée au-dessous de ce magnifique projet..."
Elle porte sur cette belle femme hautaine, intransigeante, méprisante, un regard lucide. Les hommes, la société méritent un regard différent : plus d'attention, d'écoute, de simplicité révèleraient que le monde - même si imparfait- n'est pas si abject. Ce personnage, Lélia, que George Sand a créé est déroutant. Difficile d'éprouver de la sympathie pour la cruelle Lélia qui se joue du candide Sténio malgré les épreuves qu'elle a traversées...
Mais c'est là la liberté de la romancière : créer librement des personnages forts et les pousser jusqu'au bout d'eux-même. Ici, le roman, malgré ses deux fins possibles, chemine inexorablement vers la désespérance. La Dame de Nohant avait une plume plus tendre, plus humaine, plus gaie quand elle écrivait à son grand ami Gustave Flaubert...



Lélia est à l'image de George Sand; elle en est le double fidèle. Ensemble, elles partagent les mêmes doutes, les mêmes interrogations, les mêmes déceptions. Qui sont aussi celles d'une époque dont il lui est difficile de se départager. Je crois que nous sommes en marge des préoccupations de la romancière. Lélia est en quelque sorte sa porte-parole, celle qui lui permet de faire un bilan sur elle-même et sur le monde qui l'entoure. Un monde viril dans lequel elle a été férocement malmenée à la fois comme femme et comme écrivain. C'est une voix forte que celle de Sand, qui se bat contre les préjugés de son temps. Quant à la plume, elle est remarquable, et, dans tous les cas, bien supérieure à ce que l'on en dit dans la bien-pensance littéraire d'aujourd'hui.


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