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29 juin 2012

Commentaires


" Le soir commençait à tomber, et j’aimais cette fuite sous la basse voûte des feuilles, d’où pleuvaient les gouttes, où s’étoilait de soleil le sable doux des bas-côtés, dans une lumière de pierre fine — cette fuite qui donne l’idée si nette d’un voyage sans retour. La traversée d’une forêt, je n’ai jamais pu m’imaginer autrement l’approche d’un pays de légende."

J'ai lu j'avais 17 ans... l'âge de Rimbaud... un peu moins que Sagan... depuis j'erre dans la littérature que j'ignore…

Amicizia
Guidu ____




Je l'ai lu bien plus tard, mais avec quel égal appétit ! Gracq for ever.


N'ayant pas lu ce roman de Gracq je peux donc être dans l'unique souci de ce paysage, noter le travail et la beauté de la langue écrite, sa sensualité - ici mise à distance par sa tonalité un peu lugubre -. J'aime la Bretagne, les sauvageries de la mer et sa solitude, hors saison. Mais dans ces lignes d'écriture, quelque chose d'inquiétant est à l’œuvre. Une sournoiserie des éléments, comme pour enfanter du drame. Celui qui regarde et traverse ce paysage a du noir en lui ou va le rencontrer car ce peintre-en-mots extraordinairement doué, Gracq, commence par les ombres. Les couleurs expriment une hostilité, les métaphores aussi; l'écriture vient après la vue mais la vue est arrimée à un pressentiment d'histoire... tordue. Étrange invisible diffusé par ce paysage et cette promeneuse à l'écart. Rien du ciel sauf "ce rayon de soleil passager"... Hum ! beauté hantée...

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