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23 avril 2012

Commentaires


Qu'avait-elle à dire, Martine Broda qui n'était pas dans les livres de tous ces grands poètes qu'elle a traduits avec tant de justesse et d'humilité ? Quoi n'était pas là qu'elle a cherché dans la matière de ses mots, dans sa langue, comme on cherche un chemin qui n'a pas été foulé dans les sentiers du dire ?
Dans ce poème-lettre d'amour, elle tente l'indéchiffrable de elle à elle, de elle à l'autre, dans cet instant fulgurant de solitude. Double vertige... l'énigme secrétant l'autre, aimé, au cœur même de l'absence, magnifié par la séparation comme la lumière par l'obscur ou le vide par le plein. Embrasement du lieu intime, secret, hors du temps, où elle convoque cette présence aimée. Écriture troublante, lyrique et nue, dénudée, offerte, s'emparant d'elle et l'enracinant dans la faille des mots pour la combler de présence en faire refuge pour se risquer à être deux dans l'esseulement. C'est en poète qu'elle fonde ici sa parole.




Immense Martine Broda, dont le petit monde des lettres parisien disait qu'elle était folle.
L'Amour du nom, un de mes livres de chevet, quel chef d’œuvre ! Quelle réponse cinglante aux Denis Roche et autre Jean-Marie Gleize qui, dans Nous n'irons plus au bois, prétendait qu'on ne pouvait plus écrire que contre la poésie. Ma conviction est que le temps rendra justice à cette œuvre trop brève, mais intense.
Bravo, Angèle, pour nous rappeler cette présence nécessaire.
Encore une fois, vous montrez à quel point Terres de femmes est indispensable.


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