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01 décembre 2011

Commentaires

Surprenant votre hommage à Bashung...s'il s'agit de saluer le poète des sons et des mots, pourquoi ne pas avoir publié un de ses textes ?

J'ai des doutes sur le changement d'heure, en été
J'ai des doutes sur qui coule les bateaux, qui jette les pavés
Des réserves quant à la question d'angle, pour le canapé

J'ai des doutes sur la notion, de longévité
Sur la remise à flot de la crème, renversée

J'ai des doutes
Est-ce-que vous en avez ?

Est-ce-que vous en avez ?
Des doutes, des idées,
Des rondes, des carrés, des allongées ?
Est-ce-que vous en avez ?
Des devises, des pensées,
De l'assise, du coeur...?

J'ai des doutes sur l'heure à laquelle, tu viens de rentrer
La certitude de t'avoir, si fort désirée...

J'ai des doutes
Est-ce-que vous en avez ?

Je milite au parti zombi,
Je milite mais je m'ennuie,

J'ai la détente sensible,
L'étiquette fragile,
Le champagne Deutz !
J'honore la passion-bulle,
Sans une seule virgule,
Est-ce-que vous en avez ?

Est-ce-que vous en avez ?
Des doutes, des idées
Des rêves de douceur, éveillée
Le goût du danger,
Des routes à prendre ou à laisser
Est-ce-que vous en avez ?
Du réseau, des rougeurs, des nerfs d'acier ?

Est-ce-que vous en avez ?

Déchiffrez les affaires les valises,
Dénoyauter les médias, les cerises,
Couper court à l'appel de la brise,
Et livrer le secret des Banquises...



Comme c’est bizarre que vous trouviez cela étrange, chère Paula, car quoi de plus adéquat qu’un portrait pour rappeler quelqu’un le jour de sa date anniversaire ? Qui plus est dans un texte où l’acuité du regard rivalise avec la tendresse perceptible, l’humour et une impeccable tenue littéraire. Un portrait de la part d’un peintre, Manset, qui connaissait bien cet homme pour lequel la problématique de l’identité était –je le sens- viscérale. L’étymologie latine du portrait -tirer en avant- exige de faire sortir le mystère d’un trait plus intérieur, le portrait dont nous parlons est à cet égard pertinent, et puis si original, à l’instar du modèle, ne trouvez-vous pas ?

Surtout, le terreau de la chanson française est, comme la poésie, le lieu de la tradition, du passage de voix à voix, de la transmission. Ainsi, Bashung a écrit et/ou chanté les chansons des /pour les plus grands : Ferré, Gainsbourg, Nino Ferrer, Arno, V. Paradis, Noir Désir…il a chanté Trenet avec Françoise Hardy, chanté Manset qui lui-même écrit pour lui, mais ne voyage pas en solitaire : Raphaël, Ange, William Sheller ou Juliette Gréco, laquelle a chanté Sartre, Pierre Mac Orlan, Queneau, Brel, Fanon, Vian, Desnos, Gainsbourg, lequel a chanté…je m’arrête ! Une histoire de passeurs… sans fin, et c’est tant mieux… !
Je ne doute pas que quelques textes de Bashung viendront sur ce site, mais avoir commencé par celui-ci est une idée qui emporte ma jalousie absolue ! Chère Paula, dernière chose : le texte que vous reproduisez n’est pas de Bashung seul, il a été écrit par Bashung et Gaëtan Roussel, c’est un beau texte au demeurant, merci de l’avoir rappelé à ma mémoire.

Une chose au moins sur laquelle nous serons d'accord: écouter Bashung de bon matin rend léger, léger
Bonne journée donc, et bien cordialement à vous


Merci !
:-)

Sans aucun doute cher professeur Théo Urnesol :-)

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