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03 février 2011

Commentaires

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Que dire ? Après tout, il serait tentant de demeurer comme les mots nous laissent, dans l’émotion découverte. Ce magnifique texte de Claude Louis-Combet agit comme un dépouillement. Il se découvre, et du même coup nous découvre.
Il s’y relate une expérience de l’ordre de l’initiation (toute quête d’authenticité est-elle autre chose ?). Initiation de vie et d’écriture, dont les registres ne sont pas séparables. Ce qui me frappe est paradoxalement la sensation d’un retour à l’enfance. Le temps qui coule sur nous laisse t-il autre chose qu’une nudité, soit que l’on ait trois ans - l’âge du premier langage écrit, et de l’inconscience quant à l’écoulement du temps - soit qu’on le mesure trop bien à la lecture du sablier ?
J’ose partager ici l’intuition qui me vient (et peut-être lancer un débat) : lorsqu’on est en mesure de lire et comprendre dans toute sa puissance ce genre de texte, il y a sans doute là le signe d’une maturité de l’écrivain. C’est le temps de l’écriture, le temps de sa force et de son essence puisées dans les moindres replis subtils. Car à retrouver à ce point le relief de la pierre brute sous la maitrise technique de l’orfèvre, je lis le signe qu’il y a eu plongée au cœur de la matière, le signe que les profondeurs les plus noires de la page sont restituées sous la plus pure lumière.
Sous ce jour-là, peut-on parler de vieillesse ? N’est-ce pas plutôt le début de quelque chose ?
Je profite de ce commentaire pour dire merci à Yves et Angèle. Ils ne sont pas seulement passionnés et éclairés. Ils partagent. Ils transmettent. La poésie et l’amitié. Amicizia.




Ou peut-être le retour à..., Sylvie. Comme toujours dans les textes de Claude Louis-Combet (tous plus beaux et plus puissants les uns que les autres), il me semble qu'il y a, sous-jacente, la mémoire de l'enfance. C'est sans doute dans ce terreau des origines que Claude Louis-Combet, fore, de manière inépuisable, la matière primitive qui alimente son écriture. Qu'il s'agisse des mythes, des rituels religieux, les images et l'écriture remontent à cette source que je lui envie, parce que toujours renouvelée, toujours à même de nourrir phrases et textes. Dans la vieillesse et dans la mort qui vient, le commencement est là, présent, qui innerve l'écriture et lui assure sa force vitale.
Nulle autre écriture d'homme (je veux dire, masculine) ne m'ébranle durablement autant que la sienne. Parce qu'il met des mots sur les scènes tabou, les interdits que le regard et le langage nous dérobent. Et qu'il les révèle pour nous, sans ciller.
Amicizia, Sylvie,
Angèle


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