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15 novembre 2010

Commentaires

Je ne connaissais pas cette traduction de de Miomandre. Valéry a été très bien avec Gabriela Mistral, écrivant son éloge -- que GM n'a pas aimé ... Ils étaient concurrents pour le Nobel...
Ce que je sais c'est que c'est un "lézard" et non un "oiseau" mais de Miomandre était plus esthète que moi : le lézard c'est moins joli pour un Européen qu'un oiseau; néanmoins G M écrit "lézard ", et cet animal se retrouve souvent dans ses textes, où seuls apparaissent les oiseaux de mer.
Il est regrettable que les "éloges" écrits par GM ne soient pas publiés. J'en ai fait la traduction mais n'ai pas eu le temps de les proposer à une maison d'édition...


Voir ce qu'écrit Robert Walser sur la cendre...

Lézard/oiseau...Même si on retrouve une sonorité proche, ce n'est pas du tout la même image!


Bien mystérieux pour quelqu'un qui a traduit Unamuno, Calderon, Cervantes, Asturias, Lydia Cabrera,... (du coup, je viens de voir qu'il avait eu le Prix Goncourt en 1908), et qui est aussi le dédicataire d'un des poèmes du recueil Tala de Gabriela Mistral : «L’étrangère». Mais pourquoi donc Gabriela Mistral a-t-elle accepté qu'un petit lézard devienne un oiseau ? Je crains que le mystère ne soit jamais vraiment levé. Il n’est toutefois pas inintéressant de relire la postface du traducteur (en l’occurrence Roger Caillois) des Poèmes de Gabriela Mistral (dans l'édition Gallimard, et non plus celle de Stock, toujours de 1946). J’en cite un extrait : «Quant aux mots – et ils sont nombreux – qui nomment des arbres et des animaux du Nouveau-Monde, qui sont inconnu dans celui-ci, je les ai transposés le plus possible, après entente avec l’auteur [c'est moi qui souligne] et sans m’imposer toutefois de règle fixe : chaque cas a reçu une solution particulière. En traduisant coipu par castor, je commets sciemment une erreur. Glosant, guayacán et espíno par les «arbres les plus durs», je sais que je m’éloigne du texte. Mais je ne pouvais laisser tels quels ces mots déroutants : ils auraient pris dans la version française une valeur exotique tirant l’œil, excitant l’attention et la curiosité , qu’ils n’ont pas, qu’ils ne doivent avoir en aucun cas dans un langage tout familier, tout immédiat, qui fuit le pittoresque et la recherche, où il n’est jamais question que des choses parmi lesquelles chacun a grandi. Cette poésie ne dépayse jamais. Au contraire, elle installe l’âme comme dans le paysage de son enfance, là où tout est simple et connu depuis toujours ; et les émotions mêmes qu’elle exprime semblent participer d’on ne sait quelle stabilité essentielle, véritablement libérée de la «Grande Mort», d’une stabilité qui va de soi et dont le cœur comprend soudain, maintenant qu’elle lui est révélée, qu’il l’avait acceptée en naissant, sans le savoir.»


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