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11 octobre 2010

Commentaires

Dans "Carnet de campagne II" (Puisque beauté il y a) [ici même sur Terres de femmes], Nathalie Riera écrit :
"Davantage que lire un poème, lire un poète nous ouvre la plus libre des routes, malgré les enclos. Et ce que nous avons à craindre de cette ouverture véhémente : son souci de pacifier ou de rendre solidaire ce qui en nous demeure en proie à l'indéterminé, l'équivoque, le honteux, l'entortillé ; ce qui en nous est douceur et démesure, félicité et utilité, ratures et rictus."
Ici, dans cette note de lecture, superbe, à propos de Salah Stétié et de son regard sur la poésie, elle m'ouvre une route véhémente que j'aime suivre.
Quand les poètes font partager leur passion de lire, ils écrivent différemment, avec tous leurs mots, efficaces, précis, intuitifs. De belles routes ensoleillées traversent, alors, les champs de l'écriture. Merci.



Superbe Salah Stétié, merci Nathalie Riera (et Terres de femmes) pour ce bel article, qui fait aussitôt ressurgir une non moins belle journée de lecture récentes à Boulbon, partage d'âme et de plaisir, d'humour aussi.
A propos de Bonnefoy, un article que ce dernier a consacré à Salah Stétié (Deux langues mais une seule recherche), qui insiste sur ce pont, entre français et arabe, ce pont entre deux langues sur lequel se trouve le poète :

"D'une part, dans la parole natale, les mots qui disent immédiatement, primordialement, le soleil, les pierres nues et les ombres dures, le décolorement des objets dans la chaleur de midi, le délice des sources, les voûtes fraîches où reparaît la couleur dans les à-plats de l'émail ; et de l'autre, dans la langue d'accueil, une tradition de sous-bois, d'eaux qui courent sous les racines, de ciels changeants, de choses clairement définies par une lumière ni très forte ni trop brumeuse, au jour de laquelle le regard peut se confier avec fruit à des pratiques en demi-teintes et léger relief qui sont aisément des bonheurs. En d'autres mots, peut-on imaginer univers plus différents que ceux de la langue arabe et du français ? C'est pourtant sur le pont à l'évidence vertigineux qui mène de l'un à l'autre que Salah Stétié s'est risqué..."

Amitiés,
Sylvie Saliceti


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