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03 septembre 2010

Commentaires

Dans la préface d'un beau livre recueillant un vrai dialogue entre Fabienne Verdier (peintre que j'aime) et Charles Juliet (Entretien avec Fabienne Verdier, Albin Michel), j'ai lu cette méditation de C. J (Fragments) :

"Je pense à des peintres que j'aime et dont les oeuvres me touchent : Cézanne, Matisse, Morandi, Giacometti, Bram Van Velde...
Tous ont été possédés par une même passion. La passion de peindre - et aussi de sculpter quand il s'agit de Giacometti. Une passion à laquelle se mêlait le besoin d'intensifier la vie, de se connaître, d'atteindre à cette unité intérieure qui les livrait à une jouissance de soi sans égale...
Tous ont été longs à conquérir leur liberté, à se découvrir, à devenir eux-mêmes....
Tous ont vécu en retrait, concentrés, solitaires, à l'affût de ce qui se déroulait en eux, se tenant prêts à accueillir ce qui, à tout instant, pouvait les solliciter...
Quand je songe à eux, il me vient immanquablement à l'esprit un quatrain de Jean de la Croix, ce mystique castillan qui était aussi un poète, quatrain figurant dans Le Cantique spirituel :

"Pour toute la beauté
jamais je ne me perdrais
mais bien pour un je-ne-sais-quoi
que l'on atteint d'aventure"

Ce je-ne-sais-quoi est un état de vastitude auquel on accède que par le non-vouloir, la passivité, un total abandon à ce qui veut noyer la conscience. Instants de félicité, de jubilation, d'extase, durant lesquels l'être se trouve arraché au temps et à la mort. Instants de surabondance où ruisselle l'énergie, où s'épanouit un amour apte à tout embrasser et tout comprendre."


Racines de ciel ?



Merci Angèle pour cette splendide présentation de l'écriture de notre Ami Charles Juliet qui continue à rencontrer ses lecteurs grâce à ce partage permanent de l'expérience d'écriture intimement liée à la vie. Au travers de la Cause des causeuses, association Lyonnaise éprise de poésie et de rencontres, j'ai pu expérimenter qu'il est possible de créer des liens créatifs de qualité entre lecteurs et auteurs ordinairement séparés dans un rapport asymétrique que la trajectoire de Charles Juliet rend inutile. Ecrire, c'est aller à la rencontre de la part commune... Ecrire à propos des peintres et de la peinture a aidé Charles Juliet à mieux comprendre le processus de création inhérent à tout engagement authentique dans la quête et le dépassement de Soi.

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