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28 août 2010

Commentaires


Chère Angèle, dans cette même revue, que je lis grâce à vos conseils, il y a un entretien passionnant avec Michel Aucouturier mené, simultanément, par Jean-Baptiste Para et Christiane Rancé.

A la page 208, C. R. pose une question à M. A. :
"C.R. - Tolstoï est un être paradoxal. Pourriez-vous évoquer ses principaux paradoxes ?"
M.A., dans sa réponse lui dit ceci :
" - .... Je dirai que son paradoxe fondamental réside dans la coexistence de deux qualités antagonistes qu'il possède l'une et l'autre au suprême degré : la finesse de son intuition d'artiste, et la rigueur logique d'une intelligence critique, systématiquement méfiante envers le jugement d'autrui. Il porte à leur comble et "l'esprit de finesse", et "l'esprit de géométrie". C'est ce paradoxe que reflète la coexistence de l'écrivain et du penseur."

Vous-même, Angèle, qui écrivez des poèmes, des nouvelles d'une grande finesse et nous offrez souvent des billets très argumentés sur vos lectures, ressentez-vous la même division paradoxale que Tolstoï entre ces deux écritures ?

Débat essentiel , Christiane, en tout cas qui me parle au plus juste.
Nous y reviendrons donc, puisque la littérature consiste aussi à semer foison de points d'interrogation,
Bien à vous et Amicizia en Corse,
Sylvie

Oui, Sylvie et en particulier, ce moment dangereux où celui qui écrit quitte le domaine enchanté de l'inspiration et de la pulsion pour se juger, se relire, se modifier. Il y a là un combat intérieur qui risque de mener à l'aphasie littéraire ou à la perte de la grâce. Ecrire ne s'arrête pas à l'écriture. Le premier lecteur redoutable c'est soi-même et il passe souvent comme une herse qui dévore le manuscrit fragile à grandes dents acérées... Ecrire, comme marche de funambule et ne devoir la trace d'encre qu'à la nuance du dérisoire...

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