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27 mai 2010

Commentaires


Ouh là, c'est difficile ce soir ! Coincée, je suis coincée, entre la toile de Paula Rego et le poème offert à cette toile par Ana Marques Gastão. Cette page, Angèle, me perturbe et j'adore cela ! Ce tableau me dérange. L'angle choisi fait que je me cogne à ces pieds si grands, puis à ces corps usés, cruellement croqués par cette admirable peintre et dessinatrice. Puis la pâte du tableau comme un châtiment, d'une violence et d'une douceur inouïes. Ah, Goya n'est pas loin !
Pas de complaisance pour celle qui peint ni pour celle qui écrit. La "chair devient flasque, se transforme". Elles savent, celle aux yeux fermés, fatiguée, celle qui fixe d'un regard dur et vide, la vie cabossée. L'écriture d'Ana Marques Gastão devient chair comprise, aimée, malgré ce désastre du temps dans les corps. Quelles solitudes, quelles souffrances exprimées avec ce réalisme qui devient tendresse. J'aime profondément cette lecture du corps féminin, ces noeuds de l'une à l'autre, cette intimité, cette vérité. On frôle le monstrueux, la hantise des fantasmes du mal-vieillir. Ah que c'est beau ! et ces mots : " tu danses mieux, oiseau clair...". Oui, s'alléger de l'engluement par le sourire de la tendresse. SUPERBE !


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