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17 décembre 2009

Commentaires


Salomé... Il est une légende en Haute-Garonne, près de Saint-Bertrand-de-Comminges. On dit que Salomé y mourut en passant sur un lac gelé, celui de Barbazan, que la glace se brisa, qu'elle s'y noya et que la glace se reforma autour de son cou...
Salomé... celle qui n'a pas de nom, l'enfant induite par une mère incestueuse, devenant la femme érotique aux sept voiles. Danse lascive qui révèle tout en cachant, jeu de masques envoûtant. Beauté maudite, étrange douceur, grâce ondulante. Instrument de la mort, danse d'Eros et de Thanatos. Echange de sang. Ange ou démon, femme incompréhensible et secrète, étrangère, éternel féminin inaccessible.
J'aime ce mythe qui lie poètes, peintres et musiciens, surtout l'écriture d'Oscar Wilde : sa Salomé lunaire, ce "battement des ailes de l'ange de la mort"...



Et derrière Salomé, la petite danseuse dont s'est épris Hérode, il y a sa mère, Hérodiade, qui, elle, s'est éprise de Joakanan, Jean-le-Baptiste, qui gît au fond de sa geôle. C'est par vengeance et dépit amoureux qu'Hérodiade souffle à Salomé de demander la tête du prophète. Quant à Hérode, il est pris à son propre piège. Il ne peut que céder à la petite Salomé. Mais il en est malade car il est fort probable qu'il soit, lui aussi, amoureux de Jean.

Il se tisse, à partir des trois versets de la Bible, un réseau très complexe de relations entre l'homme et le sacré, les aspirations charnelles, sensuelles et les aspirations divines. Salomé ("Shalom" en hébreu signifie la "paix") est un mythe des profondeurs qui noue ses ramifications dans notre inconscient collectif et rejoint les figures archétypales dont nous sommes façonnés.
Ce que Leiris nomme le "sacré".


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