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21 septembre 2009

Commentaires


De chaque côté du miroir, la source profonde de la langue poétique.
Georges Seféris traduit du grec par... Lorand Gaspar - extrait de Piimata.
"Sur un rayon d'hiver

[...] Il y a des années, tu avais dit :
"Au fond je suis une question de lumière."
Et maintenant encore lorsque tu t'appuies
aux larges épaules du sommeil
ou lorsqu'on te plonge
dans le sein engourdi de la mer
tu fouilles les coins où le noir
est usé et ne résiste pas.
Tu cherches à tâtons la lance
destinée à percer ton coeur
pour l'ouvrir à la lumière. [...]"

Qu'eut répondu Lorand Gaspar ? Peut-être ces mots cueillis dans Monastère, écrit à Amorgos, dans les ténèbres de l'été :

"Nous sommes les eaux de l'immobile voyage
les faîtes et les creux du temps
serrant la barre du cri sur le ventre - [...]
Et nos mots sont pareils à un bateau
dans les glauques profondeurs de la mer

Sur les algues emmêlées de nos voix
glisse la paume paisible des eaux -

L'écume avançait au faîte des visages,
sur des grèves avivées de bonds de lumière
et ta main chantante d'étés de semences,
s'usa à force de creuser...."



...les algues emmêlées de nos voix... les chambres inhabitées que la voix réinvente dans le silence de la poésie.
Lire Lorand Gaspar, c'est revivre encore et encore l'expérience poétique du sens.
Et ce silence que le poète évoque souvent rejoint pour moi le silence de l'eau et du ciel.
SD

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