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30 juillet 2009

Commentaires


Magnifique réaction d'Henri Bauchau ! Comme il est difficile de faire lire un manuscrit et de recevoir le regard de l'autre. Il y a ce que l'écrivain pense y avoir mis, ce que ce lecteur y trouve et ce qui est de cet écrit au-delà de ces deux regards.
Il y a aussi ce qui est changeant pour un lecteur. Il aime, critique, fait des choix, suggère des transformations (surtout s'il est éditeur...) puis, plus tard, reprenant ce livre il va aimer ce qu'il n'avait pas aimé ou ne pas retrouver ce qui l'avait choqué ou enthousiasmé... Quel monde d'impressions mouvantes...
Un conseil à celui qui écrit ? Ne montrez votre manuscrit à personne avant qu'il ne soit achevé (pour vous) même à votre meilleur ami (Duras a très bien dit cela dans : Ecrire). Ecrivez avec authenticité pour un lecteur idéal qui coïnciderait avec votre désir d'écriture ou parce que vous ne pouvez pas ne pas écrire... mais surtout, écrivez.
Quant aux rapports de la psychanalyse et de la création, c'est une rencontre insolite et peut-être difficile à vivre... l'une risquant d'éteindre l'autre. Bauchau est un cas d'exception.


bonjour,je vous remercie de votre message je suis la personne qui vous a écrit pour savoir si je pouvais parler de vous sur mon blog gourmandises
je vais ajouter votre lien sur mon blog, il sera dans gourmands gourmandes,j'aime beaucoup vos photos dont celle-ci que je trouve très originale,et n'hésitez pas à venir écrire un commentaire,mon blog est ouvert à tout le monde


Il peut sembler audacieux et même périlleux de rapprocher deux écrivains aussi éloignés l'un de l'autre que Marguerite Duras et Henry Bauchau. Pourtant, chacun à sa manière privilégie le premier mouvement, l'origine. Duras dit clairement dans Ecrire que la première mouture est souvent la meilleure. Repasser sans cesse pour refaire, corriger, biffer nuit à la spontanéité de l'écriture, à sa saveur, à son rythme intérieur. Selon Duras, il faut donc faire confiance au premier jet. Et ne s'en remettre à personne d'autre qu'à soi-même!

Bauchau fait remonter plus loin les racines du commencement. Sa conception du monde,le rapport que l'écrivain entretient avec les grands mythes le conduisent à renouer avec un inconscient collectif qui préside à l'écriture. C'est là qu'il faut puiser. Dans les mythes fondateurs qui ont structuré le psychisme des occidentaux que nous sommes. A travers ses récits inspirés de l'Antiquité, Bauchau nous donne à lire et à interpréter le monde des origines. En cela il est un grand maître !



Vous avez écrit un poème que j'aime tout particulièrement : "http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2007/02/je_ne_monterai_.html>Je ne monterai pas à Golpani" [<=pour lire le poème mis en page, cliquer ici].
Ces quelques vers vous relient à l'Antigone de Bauchau.

"la porte étroite là-haut traversée de nuages
là-haut c'est Giunchelli vaste comme l'espace
mélange brutal de maquis et de pierre chaos des origines
là-haut tu es au bord le monde antique s'ouvre là


dans le silence du temps balayé de bourrasques
rien d'autre ne te tient que cette emprise ancestrale
le monde hellène n'est pas loin qui fait vibrer en toi
sa force souterraine et solaire seule la cruauté divine t'habite et t'importe
la vraie vie est ailleurs dans l'indicible de ce temps
figé un jour lointain sur les terres d'ici
toi minuscule éphémère
tu es là dans cette grandeur qui te cloue au rivage et au temps"

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