« Fabio Pusterla | Au-delà des vagues | Accueil | Livane Pinet | Traces »

12 juillet 2009

Commentaires


Parfois nous avons besoin de la beauté de ces textes, de leur profondeur pour comprendre nos vies où se jouent bien des tragédies... L'amour, la mort, la cité, les guerres, les relations "complexes"... liant enfants et parents... La quête de sens est là et traverse le temps et les civilisations et toujours il nous faut soupeser ce que l'on nomme "destin" avec notre liberté et nos souffrances, et se lever et se mettre en marche comme l'Antigone et l'Œdipe de Bauchau, comme le Sisyphe de Camus... Absurdité et révolte... Les dieux ? Faut-il les craindre, les ignorer, les implorer.... Marcher tant qu'on le peut et aimer...



Si nous devions faire un lien entre la tragédie grecque d’Œdipe et l’enquête judiciaire (réalité à problème), nous le ferions d’abord avec le «fatum », la fatalité qui écrase le héros. L’homicide est un acte absolu. Il ne peut pas le réparer. Il n'échappera pas à la vérité.

On pourrait considérer que la pièce de Sophocle est la première pièce policière. Œdipe y apparaît d’abord comme un enquêteur qui doit retrouver un coupable et le punir de ses crimes.

Michel Butor, dans L'Emploi du temps, explique cet aspect policier du théâtre de Soplocle : " tout roman policier est bâti sur deux meurtres dont le premier, commis par l'assassin, n'est que l'occasion du second dans lequel il est la victime d’un meurtrier pur et non punissable, le détective qui le met à mort, non par un de ces moyens vils que lui-même était réduit à employer, le poison, le poignard, l'arme à feu silencieuse, ou le bas de soie qui étrangle, mais par l'explosion de la vérité... »

On peut se poser la question de savoir si le genre policier et la psychanalyse existaient avant Sophocle…

Par ailleurs Œdipe a-t-il tué son père ? Toutes les pistes ont-elles été exploitées ? …

Il y a prescription ? L’action s’éteint par la mort du coupable et quel qu’il soit, il ne peut être que mort ? Et l’honneur d’Œdipe ? Pourquoi n’aurait-il pas le droit à une réhabilitation ? …

J’arrête là l’incursion du polar dans un lieu de poésie où je fais un passage amical en fidèle visiteur.

Amicizia


Jean-Paul, pourquoi n'écririez-vous pas un nouvel Œdipe ? C'est passionnant de revisiter le vieux mythe sous cet angle ! Je n'avais pas pensé à la version polar ! Et avais complètement oublié l'analyse de Butor ! Vous me donnez du grain à moudre !
Merci de votre passage amical !


L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.