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16 mars 2009

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C'était au printemps 1994 à l'Hôtel de Ville de Paris, ses peintures, ses dessins. Mon premier face à face avec Nicolas de Staël. Je n'arrivais pas à quitter cette exposition, j'ai dû y revenir une dizaine de fois. A chaque fois j'approchais d'un peu plus près, je m'attardais, j'apprenais. C'était entre inquiétude et bonheur. Je respirais puis j'étais en apnée. Quelque chose d'impossible conduisait cette peinture vers l'anéantissement solaire. Il peignait comme un funambule, qui avancerait les yeux fermés pour mieux voir. Il l'a écrit à Emmanuel Fricero :
"...Mes yeux ne doivent pas regarder au dehors, personne ne... doit m'apporter aide, conseil, stimulant. Tout doit se passer en moi, c'est avec le besoin intérieur, intime qu'il faut dessiner et ce n'est que comme cela que je ferai, si je puis, du bon dessin, de la bonne peinture." Juillet 1937
Et il a dessiné ces études de ports, de paysages, ces nus, au crayon, à l'encre, au feutre... esquisses d'une pureté incomparable, puis ces toiles où tout avait été intériorisé des couleurs et de la lumière. Tout est venu du profond de lui, ces "cassé-bleu" saturés d'opacité, ces jaunes d'insurrection et ces mauves sourds, épaisseur de la matière maçonnée au couteau, jusqu'à ce que l'espace se simplifie et c'est l'ultime du rouge et du noir et c'est le noir, vibrant, furieux de lumière qui l'anéantira... et l'affranchira.
"Quant à moi, pour longtemps et ici, toujours ému d'aller vers cette lumière que l'on ne voit pas parce qu'elle est la lumière même..."
Septembre 1952. A René Char.
Présence incomparable, densité, profondeur, vertige... vaciller et bondir pour échapper de ce monde clos.


« Je connaissais comme beaucoup Nicolas de Staël et je trouvais, bien sûr, sa peinture "très belle", ayant vu cependant bien peu d'originaux, les footballeurs, les toits et peut-être quelques tableaux très colorés du Sud de la France ou d'Italie. Je trouvais même cela un peu trop beau, me méfiant de l'esthétisme, de la beauté trop évidente et facile. Voir l'ensemble de l'œuvre change tout. » ...

=> La suite par Dominique Chancé de Œdipe.org


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