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26 janvier 2009

Commentaires


Est-ce vraiment un rêve comme on l'entend ?
Il m'est arrivé, une nuit, de rêver que je montais sur scène. Une salle comble. Noir. J'allais sur scène sûre de moi. Il faisait si noir..., oui, mais je devinais le public, le souffle, les inspirations... et j'allais là, sans savoir exactement ce que je devais y faire. Etrange sensation que de confier sa silhouette à l'improvisation.
Le public ne me voyait pas encore. Aucune lumière. J'attendais le lever de rideau (c'était génial ! je sentais l'amour de ce public-là et ça me donnait une confiance inouïe) mais quelqu'un m'a tiré par la manche. Une femme. Elle m'a fait remarquer que je n'étais ni maquillée, ni vêtue comme il fallait... je devais passer par les loges...
La suite importe peu. (Un charabia...)

Merci pour votre texte qui resurgit (pour moi) en un souvenir plutôt sympa.
Quant à cet homme... ?



faisait écouter ses mots, mais dans le vide - trop donner, pour rien ?



C'est beau de retrouver la densité de votre écriture, serrée, drue, incisive. Plein coeur du noir du rêve. Tout près d'une mort mystérieuse. Qui êtes-vous double, penchée sur lui et vous regardant penchée sur lui ? Qui est-elle cette parole mourant de se dire ? Pourquoi cette salle s'offre à vous, s'ouvre à vous pour vous inviter à un sacrifice presque mythique. La mort ici n'a pas de sang, elle dissout. Hiroshima dont l'arme serait l'atomisation de la parole. Parole qui ne peut se dire sans mise à mort et vous voilà au chevet d'un minotaure extasié de son écho, de son sang de parole.
Toute parole offerte est une mise à mort de notre silence, mais il faut dire, il faut écrire. Lu les autres rêves. Je reconnais votre écriture.



C'était un rêve, Alistrid, mais cet homme a existé. Je l'ai reconnu dans mon sommeil. C'était bien lui, semblable à nul autre. Mais il ne le sait pas, il ne le saura sans doute jamais. Et même s'il lisait ce texte, je ne suis pas sûre qu'il se reconnaîtrait.

Il suffit de vivre chaque jour pour savoir que nous frôlons à tout moment le théâtre. Quant à la jubilation du dédoublement sur scène, elle est incomparable.
Et revoilà le Minotaure, mais un Minotaure anéanti par la substance impalpable, insaisissable et incompréhensible qu'il vient de laisser jaillir hors de lui. Je pense souvent aux phylactères, énigmatiques, que l'on voit dans certaines peintures italiennes du Cinquecento.


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