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06 novembre 2008

Commentaires

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Eh bien ...,
C'est très réaliste.
Et très vivant.
Merci pour le partage de la lecture de La Lettre.
Et le clin d'oeil interposé.

(Je n'ai pas lu Prisonniers du paradis)



C'est terrible cette histoire, cette déchéance qui gagne cette solitaire vieillissante, l'indifférence des services sociaux, la hantise d'approcher cette puanteur. Les pauvres sentent rarement bon. Elle avait baissé les bras laissant l'immonde la recouvrir.
Les déportés qui mouraient de dysenterie ont connu cela aussi dans les camps où les laver, les soigner, devenait impossible. Georges Semprun raconte cela dans un roman magnifique où l'un des leurs agonise dans une puanteur difficilement supportable pour tous. Il lui lit un poème et alors un miraculeux sourire apparait sur le visage de leur ami et il meurt digne et honoré. Elle est magnifique ton histoire. J'aime beaucoup le salut de la fin, plein de complicité entre ces deux-là. Lui aussi lui a rendu son honneur. Pas facile d'être à la hauteur parfois...
La musique de Thelonious sur ces mots-là, c'est quelque chose !


C'est vrai qu'il faut un certain courage pour imposer à un être humain qu'il renonce à se poubellifier et à vivre dans l'ignorance hostile de la proximité des autres personnes. Ce genre de "tableau" a souvent une longue histoire (pas toujours racontable...) et une épaisse couche d'indifférence de la part de la société bien pensante. La relégation à l'hôpital nous sert surtout à ne pas tomber sous le coup de la non-assistance à personne en danger. Mais ici, quel est le danger ? Cette femme dérange celui ou celle qui se fait ouvrir la porte pour constater l'incurie, le degré insoutenable d'abandon. Un seul interlocuteur ne suffit pas dans ces cas-là, il faut rameuter de l'institutionnel, du renfort, de la loi, de la rescousse, du service d'assainissement... La seule chose qui rassure serait donc : l'infirmier réclame de l'aide. Il est le passeur et celui qui passe le témoin, elle ouvre sa porte malgré tout. Le médecin accepte d'assumer l'injonction au soin, acte de citoyenneté et professionnel au sens noble du terme, et il consent in fine à recevoir une parole qui le renvoie avec humour à son impuissance future devant les événements de vie. Commerce équitable dans l'absurdité d'une relation d'aide bien mal partie... Le sourire témoigne qu'il y a eu rencontre au-delà du brancard ! Reste à imaginer quelque chose en amont de ce type de détresse qui est souvent occultée car elle est une forme de subversion lancinante dans une ambiance du tout-clean... CLIN D'OEIL à toi ANGHJULA, tu sais combien ce type de récit m'embarque dans le plaidoyer ... J'y suis ... D'ailleurs j'y suis à l'hôpital ! Euh...Je fais ... une PAUSE ... parce que ... "Je le veux !"...


La lecture m'a clouée sur place de longs instants. Abasourdie. Une gifle salvatrice.



Ah, mes gardiennes de la parole, mes quatre généreuses fileuses, mes releveuses de flambeaux! Merci à vous d'être là ce matin, porteuses de vos regards fiers, transmetteuses (il va falloir inventer des tas de petits féminins!) de savoirs et de regards autres, prêtes à relever les défis impossibles ! J'étais à deux doigts de faire "sauter" ce post, mais vous avez fait front pour me protéger de cette tentation, la coalition féminine, face à la misère du monde et à sa dérangeante et obscène puanteur, je la reconnais bien là, en vous!
Merci à toutes les quatre, Alistrid, Christiane, Marie-Thé, ma prêtresse au grand coeur, Pascale, mes amies!



Le récit est réaliste et noir à souhait, c'est presque du Eugène Sue...
Un des traits caractéristiques de notre époque, est que les "petits bourgeois" qui régissent la société française, ne savent parler des gens du peuple que sous forme de la déchéance, de la nullité, de la misère.... Il y a aussi des bourgeois riches qui finissent leur vie dans le même état... ?



Hélas, il ne s'agit pas d'un "récit", mais d'un témoignage "sur le vif". Et connaissant le "toubib" en question, je peux même dire que la "pauvre vieille en question" n'est pas une femme du peuple (Angèle ne l'écrit d'ailleurs pas). Se souvenir de la mort de La Belle Otero. Etrange cette propension de bien des lecteurs à projeter leur propre idéologie sur un texte sans prendre la peine de vraiment le lire !!!



Beau texte, beau témoignage. La dégradation d'un être humain nous est insupportable car elle annonce ce que sera notre carcasse et nous empêche de continuer à l'estimer, l'aimer. Il ne reste alors qu'à faire des choses très pratiques pour lui redonner figure humaine. Le récit du docteur m'a fait penser à L'Espèce humaine de Robert Antelme. Amitiés et fraternité, chère Angèle, c'est de circonstance.



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