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26 novembre 2008

Commentaires

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Il neige sur Paris. Feuilletant La Lumière des choses, je m'attarde sur "Paysage" :
"Je m'approchai d'une branche couverte de neige
que l'un des corbeaux faisait ployer sous ses pattes.
Je devins ce balancement de gris et de noir.
Et ce vert différent (mélange de sauge et de gel)
qui s'attardait avec une pointe de rancoeur sur les nuages...."
Quelle lumière, quelle ombre et quel silence dans la poésie d'Antonella Anedda...


Ce paysage sous la neige et son corbeau posé sur la branche me rappelle le paysage enneigé de Monet et sa pie, posée sur la barrière. Un paysage de silence hypnotique et de solitude en suspension dans l'air !

Ce qui me fascine dans le poème d'Antonella Anedda, c'est la façon resserrée qu'elle a de construire son texte, en partant du plus vaste, du plus lointain, du plus large, du plus distancié pour rejoindre le plus infime, le plus proche, le plus ténu. Une sorte de poème-année-lumière de forme conique, évasé vers le haut, point de départ du texte, et point tout court pour le dernier vers! Je pense surtout à la première strophe.




Angèle, je ne peux résister au désir de vous citer. J'ai retrouvé, dans vos textes anciens, un commentaire très beau que vous aviez fait de ce tableau. Ici, il prolongerait votre souvenir.
" Tout y est : l'immobilité de l'air, le froid qui transperce la peau et s'immisce entre les fibres, l'épaisseur floconneuse de la neige massée davantage ici que là, les espaces noirs qu'elle laisse à découvert et constituent autant de petites pies disséminées dans le décor ! Et la pie minuscule sur sa barrière, solitaire, immobile, transie, silencieuse comme les âmes des hommes, engourdis par le froid qui enveloppe la nature et les êtres.
Elle est dans l'axe de la lumière qui arrive de l'arrière dans une longue tranchée blanche et se répercute à l'avant dans les ombres de la barrière....
C'est émouvant et tellement beau."
On dit qu'il va neiger à Canari. Ce texte serait de circonstance...


Merci, Christiane, pour votre vigilance. J'avais oublié ce commentaire, en effet. Il va neiger, on le dit au village. Tout est feutré, immobile. Un peu comme ces strophes brèves de Francesco Scarabichi, dans L'esperienza della neve, pp. 84-85 :

2
"Scende
dove nessuno viene,
dove nessuno parla."

Elle descend
là où nul ne va,
là où nul ne parle.

3
"Cade
a nostra insaputa,
senza tempo,
la bianca eternità
che poi scompare."

Elle tombe
à notre insu,
intemporelle,
la blanche éternité
qui après disparaît.


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