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09 novembre 2008

Commentaires



Une jolie lettre d'André Billy (Apollinaire vivant, Paris, Editions de la Sirène, 1923) :
"Ce n'était pas seulement la chaleur qui me déprimait, c'était aussi ce sentiment fade, sans limites, sans contours, plus triste que la tristesse, qui se dégage des tombeaux. Je me suis redressé, j'ai embrassé le champ d'un coup d'oeil et, renonçant à poursuivre mes vaines recherches, je t'ai interpellé dans mon coeur, je t'ai crié : "Guillaume, me voici ! Tu m'entends, n'est-ce pas ? C'est moi, c'est Billy, c'est ton ami. Quand je montais à ton pigeonnier du boulevard Saint-Germain et que, quoique tu m'eusses donné rendez-vous, tu n'y étais pas, je redescendais furieux. Cette fois, si nous ne nous rencontrons pas, ce sera de ma faute. Tu es ici, pauvre vieux, tu es certainement ici.
Chez toi, boulevard Saint-Germain, il m'arrivait de t'entendre marcher avec précaution dans le corridor, et me retournant, je voyais ton oeil boucher le petit trou pratiqué dans le mur, par où tu t'assurais de l'identité de tes visiteurs, et je dois dire qu'alors tu ne me faisais pas l'offense de me laisser dans l'escalier...
Hélas ! ta tombe n'a pas d'ouverture, et tu n'y as rien à redouter des fâcheux. Tu ne peux me voir, mais peut-être sais-tu quand même que je suis près de toi, que je te cherche...."


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