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26 septembre 2008

Commentaires


Oh, comme je suis heureuse de le rencontrer ici. Je me souviens de mon émotion en 1999 au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Il y avait peu de monde, en cette fin d'après-midi, et j'étais là, toute petite devant ces grandes toiles qui vibraient. J'ai fait le vide en moi pour qu'elles occupent tout l'espace de mes yeux et de ma pensée et c'est venu comme une incandescence, ça fondait, se mêlait et s'élevait jusqu'à déborder de la toile et gagner l'air qui en était tout palpitant. C'était une osmose, j'entrais peu à peu dans cette peinture, dépassais sa douleur et cela devenait comme une inclinaison devant trop de lumière. Il fallait baisser les yeux et ouvrir le coeur et l'indicible surgissait des fonds superposés, traversait les masses sombres pour dialoguer avec les rouges somptueux, les ors liquides. Un théâtre antique... Les rouges s'assombrissent et génèrent des gris, variations aériennes, lumière voilée... chute dans les blancs d'ossements... Silence... expérience totale du silence de la peinture de Rothko. Entrée dans une profondeur illimitée sans profondeur picturale. Le temps s'effaçait. J'ai souffert devant l'assombrissement progressif de ses couleurs. Tout devenait impénétrable et je restais en rade, alors, j'ai grimpé jusqu'à la bande blanche tout en haut pour comprendre. Dis, Rothko, elle est où la paix, maintenant ? Seul le silence m'a répondu... Destinée... Il refermait la peinture sur elle-même et j'ai eu l'impression de lui fermer les yeux...
Merci, Angèle

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