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22 janvier 2008

Commentaires

Je conserve encore, comme une stupeur

Où l’enfance survit

Moitié de l’enthousiasme

Qui est le mien car il le fut déjà

Parfois je me fais presque honte

De croire autant ce que je ne crois pas.

C’est une variété de rêve

Avec le réel au milieu.

Tournesol au penchant illusoire

A l’entour du centre muet,

Il parle, jaune, stupéfait

Du centre noir qui est tout.


En écho, un autre texte de Pessoa...


                  LABEL BLEU

Le voici fixé,
l'ami,
son âme laminée
par le scalpel d'une résection réussie;
sans hypnose, sans laminectomie,
mais bien revenu des abysses
          ― Ulysse ―                                 sous la grâce de son voyage bouclé
hors du lys, ourlé
du lien des deuils
des disparus de la nuit étoilée,
digne de la liberté,
libre, libre, libre d'elle,
nimbée :
          « - Lumière. »


Bonjour,
Félicitations pour ton livre... vu chez http://www.vlamarlere.com/article-15851713.html>Viviane...
Je me suis dit qu'il fallait revenir en Corse par ce beau temps et tout ce soleil.
Ici le temps est beau.
Clémentine


Sirènes

Vers la vague assagie,
des impulsions
toujours freinées
toujours retenues.
un excès de sel
ou d'ombres
une forêt d'algues peut-être ?

Arrêt soudain du vent
si ce n'est le froissement
d'une aile
encore invisible.
Arrêt du mouvement
sur une montée d'eau,
une lêchure
sur rocs et falaises...


PSOENNE

JE-M'APPELLE-AUSSI-PESSOA

     Je m'appelle aussi Pessoa. Mais ça, je ne le dirai à Personne. C'est un secret qui me permet de bleuir des pages en toute liberté.

    J'allais écrire "impunité". Variantes que je peux m'autoriser quand Pessoa tient la plume. Par exemple, "ce qui me ronge d'avantage encore", vous savez toutes ces redites sur mon amertume, mes regrets, mon horreur, peut aussi devenir "plus vastement nocturne".

     Je m'appelle aussi Pessoa. Je vis dans le soleil, les ombres nettes, la poussière soulevée par le mistral, et même, confidence pour confiance, dans ce petit hamac des songes, tissé sous la Croix du Sud des Amériques; mais c'est de pluie que j'écris, du goutte à goutte de l'oubli de moi, de ma destinée, des idées qu'habituellement je me prête quelques instants pour mieux, l'instant d'après en changer; le tout basculant dans une dimension paradoxale de non-être, qui vide peu à peu la substance de cet être que je croyais pourtant bien connaître, au moins dans ses grandes lignes...

     Et d'ailleurs pour bien montrer combien tout cela est sans relief, inconsistant - c'est pour cela peut-être que ces pages une fois tracées s'entassent dans le tiroir de mon bureau - je peux écrire mon rêve d'échapper à l'être comme au non-être.

     Mais pour l'heure, alors que le lave-vaisselle redonne tout leur éclat aux plats et aux couverts, Je-M'appelle-Aussi-Pessoa songe, en riant en dedans, qu'Il est aussi cette machine qui profite des heures creuses de la nuit, pour s'adonner, au moindre frais, au bleuissement des pages blanches, en toute liberté.

jean jacques dorio
(publication Rivaginaires n°30/2005)

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