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03 septembre 2007

Commentaires

Bonjour à tous les deux,
Nous n'avons pas eu le temps d'échanger nos coordonnées, ou plutôt peut-être que la soirée au Bar des Amis était par trop avancée et consommée.
Je répare l'oubli.
Super site. Comment cela va à Canari ?
Ici tout est gris, anonyme, on peut se perdre à Paris.
Bises


Ton article sur elle reflète vraiment bien le parcours de Martine.
Je t'envoie les courts poèmes que j'ai notamment écrits pour les "poupées de Martine". La consigne était d'écrire quelques lignes sur les femmes qu'elle avait habillées. J'ai élargi cette proposition. J'ai écrit sur les femmes qu'elle connaissait bien. Ces textes Martine les imprime sur un tissu préalablement sérigraphié par ses soins. Dans la prochaine exposition elle souhaite les broder sur tissu.

Mémé de Montgeron
Éternelle amoureuse
Teint de porcelaine, yeux de crépuscule d’été
Odeur de citronnelle et de Synthol
Ses doigts de fée inventent des robes de mémoire
Son accent trahit son enfance

Mémé de Galan
Chapeautée du soir au matin
Elle remplit sa maison d’enfants
Laisse un porte-monnaie ouvert
Pour ceux qui sont dans le besoin

Mimi
Jamais confiante en l’amour
Elle fuit
Pudique, elle embrasse frénétiquement
Sait-elle seulement qu’elle est douce ?

Anne-Marie, petite sœur
Pour elle
Aucun souvenir d’Afrique
Une urgence, se déraciner
Inventer sa mémoire

Martine
Ses racines se ramifient
Aveyron, Pyrénées, Afrique, Syrie
Ses fragments l’unifient
Elle les entremêle, les imprime
Pour être Elle

Ryme
A la croisée des chemins
Est-elle d’ici ou de là-bas ?
Elle hésite

Marie de Galan
Toujours jeune fille
Elle retient ses cheveux dans une casquette
Pour mieux s’enfuir dans les bois

Viviane
Son moteur, c’est la passion
Son feu couve sous la cendre
Elle déconstruit et reconstruit

Vanessa
Elle est d’ici et voudrait être d’ailleurs
Peut-être le moment est-il venu
D’accepter

Ghislaine de Galan
Partir, revenir
Trop loin, trop près
Là, maintenant
Que se déploient les ailes de l’enfant

Charlotte
Silencieuse
Elle la cherche
Se demande où elle est
Tout près

Monique
Trop c’est trop
Un poème ouvert sur la table de chevet
Elle a préféré s’envoler

Lucienne
Ses mots chantent dans sa gorge voilée
A l’horizon la chaîne des Pyrénées
Dans le jardin, les arbres pleurent

Radia
Sur le bateau
Le capitaine l’a remarquée
Sans soupçonner
Son secret pour effacer
Les taches rouges


Hélène, fille de Jeannot
Déterminée, elle est partie
Déterminée, elle est revenue
Irradiée par le couchant,
Elle berce son enfant

Jeannette
Gourmande, elle trempe son pain
Le jus gras du poulet l’imbibe
Toute la saveur de Saïgon, Galan, Paris
Dans une bouchée

Mimo
En patois et en français
Elle raconte une histoire
De louis d’or échangés
Contre une machine à laver

Anne Marie, fille de Mimo
Elle s’est éloignée, pas longtemps
Certaine qu’elle aimerait, enfanterait
Au pied des Pyrénées

Geneviève, fille de Mimo
Claque la porte
Roule sa voix
Éclate son rire
La voilà

Balbine
Son planning bien rempli
Elle se moque du sien
Contrôle la flamme
Laisse mijoter

Anne, fille de Balbine
Au pays du verbe Roi
Elle a choisi d’écouter
Ceux qui sont sans voix

Christine, fille de Balbine
Elle s’étonne
Du vocabulaire de l’un
Des genoux écorchés de l’une
Se pose la question
Où est l’inversion ?

Gilberte
Plantée au cœur des enfants
Lui à côté
Plus ailleurs
Tout à côté

Claude, fille de Gilberte
Nager, se dépasser
Nager, se surpasser
Souffrir, vaincre
Enfin
Remarcher

Jacqueline
En femme d’Orient
Elle protège ses enfants
En parlant
De tomates séchées
D’aubergines marinées

Grazziella
Elle connaît les recettes
Pour la peau, les mains, les pieds
Mais jamais ne s’arrête
Pour manger

Hedwige, femme Antoine
Aimer
Éduquer
Chanter
Pleinement
Pour ses enfants

Isabelle, mère de Catherine
Dans sa maison de verre
Elle réfléchit
Aux cadeaux
Qu’elle va bien pouvoir leur faire

Catherine, femme de Claude
L’urgence l’a submergée
A fait rétrécir son temps
La solitude
Elle en rêve la nuit

Blandine
Aucune certitude
Elle avance et recule
Aujourd’hui terrifiée
Elle se rêve sous un ciel étoilé

Carole
Elle défilait un chapeau de paille sur la tête
Sautillant, tellement heureuse
Cela reviendra

Hélène Jospé
Elle a fait ce qu’il fallait
Apaisée
Elle observe
Pour mieux inventer

Bob
Empressée elle prend des mains les balais
Mais ses fusains et pinceaux colorés
Sa maison et son modèle préféré
Sont à elle seule

Lolo
Emmitouflée, cheveux autour du cou
Elle crée cachée
Se dévoiler
Exploser


Claire-Marie
Le visage et les mains en mouvement
Elle sérigraphie la maison
Guettant son approbation

Sylvie Schtroebel
Trop petite encore
Ce soir elle a osé
Dans la lumière de l’été
Robe aérienne et chaussures dorées

Bernadette
Sa création, c’est son jardin
Elle plante, taille, coupe, façonne
Pour être en forme lundi matin

Françoise, coiffeuse
Elle a jeté ses ciseaux
Les a troqués contre des pinceaux
A adopté l’Afrique
Enfin
Elle peut

Marianne
Séductrice, elle s’enflamme
Éteint son chagrin d’un sourire
Un soupçon de Guerlain, sa fille à la main
Elle est prête

Catherine, ex-femme de Jean-Jacques
Elle a coupé ses cheveux
Elle s’est enfuie pour survivre
Renaître

Annie, femme de Jean Yen
Elle s’approche
Parle à voix basse
Se penche
On l’écoute

Irène de Damas
Ici
Là-bas
Plus là
Plus bas
Ici, peut-être
Pourquoi pas ?

Lamia, danseuse
Sa tête dodeline
Ses bras s’élèvent
Ses hanches ondulent
Son regard frôle

Jeune fille blonde, défilé
Il a peur
Pour elle
Trop belle en pleine lumière
Il veille

Hôtesse de l’air
Elle explique
Revient
Repart
Passe à autre chose

Emma
Amazone par hasard
Un casque d’argent remplace sa chevelure d’ébène
Un bouclier de mémoire et d’érotisme la protège

Dorrit
Elle est d’ici et d’ailleurs
Et n’a pas son pareil
Pour glisser des conseils
Dans le creux de l’oreille

Diane
En femme du sud-ouest,
Elle assure
Sa fêlure
Elle la masque
À jamais

Eve
Son hésitation cache sa détermination
Sa détermination cache sa mutilation
Elle lui manque

Jeune femme centre culturel Damas
Elle s’installe
Apprend pour comprendre
L’expédie là d’où elle vient
C’est à en perdre son Syrien !

Jeune femme mariée Turquie
Elle trône dans sa robe de mariée
C’est la tradition
Elle ne doit pas bouger
Mais elle va bien se rattraper

La petite Ghislaine
C’est surprenant
Malgré ses cheveux blancs
Elle a toujours
L’air d’une enfant


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