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Commentaires

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Pascale

D'actualité bien sûr, toujours. Et magnifique. Bien sûr.
Amitiés

Yves


Oui, Pascale, "les enfants ce sont les mêmes, à Paris ou à Göttingen."

christiane

Les enfants de Marseille vont se baigner "au Prophète". Enclave populaire dans le quartier désormais huppé du Roucas Blanc. Le bus qui file sur la Corniche s'arrête juste au-dessus de la plage. On dévale quelques marches et c'est l'arrivée sur le sable. Il y a là un microcosme au sein duquel chacun a son coin : les nanas d'un côté, les pêcheurs sur la digue, et les enfants... partout. Lorsque tout s'est calmé, le soleil couchant y est magnifique et bien souvent ponctué par les rythmes doux des jumbees des jeunes qui commencent ici leurs longues soirées d'été. Izzo devait avoir de l'affection pour ce lieu ouvert à tous. Je ne connaissais pas sa poésie. Merci de l'avoir publiée.

traces

"Je suis né à Marseille. De père italien et de mère espagnole. D'un de ces croisements dont la ville a le secret. Naître à Marseille n'est jamais un hasard. Marseille est, a toujours été, le port des exils, des exils méditerranéens, des exils de nos anciennes routes coloniales aussi. Ici, celui qui débarque un jour sur le port, il est forcément chez lui. D'où que l'on vienne, on est chez soi à Marseille. Dans les rues, on croise des visages familiers, des odeurs familières. Dès le premier regard.
C'est pour ça que j'aime cette ville, ma ville. Elle est belle pour cette familiarité qui est comme du pain à partager entre nous. Elle n'est belle que par humanité. Le reste n'est que chauvinisme. De belles villes, avec de beaux monuments, il y en a plein l'Europe. De belles rades, de belles baies, des ports magnifiques, il y en a plein le monde. Je ne suis pas chauvin. Je suis marseillais. C'est-à-dire d'ici, passionnément, et de tous les ailleurs en même temps. Marseille, c'est ma culture du monde. Ma première éducation du monde.
C'est par ces routes de navigation anciennes, vers l'Orient, l'Afrique, puis vers les Amériques, ces routes réelles pour quelques-uns d'entre nous, rêvées pour la plupart des autres, que Marseille vit, où que l'on aille. Paris est une attraction. Marseille est un passeport. Quand je suis loin, et cela m'arrive souvent, je pense à Marseille sans nostalgie. Mais avec la même émotion que pour la femme aimée, délaissée le temps d'un voyage, et que l'on désire de plus en plus retrouver au fur et à mesure que passent les jours.
Je crois à cela, à ce que j'ai appris dans les rues de Marseille, et qui me colle à la peau : l'accueil, la tolérance, le respect de l'autre, l'amitié sans concession et la fidélité, cette qualité essentielle de l'amour. (...)
J'aime croire - car j'ai été élevé ainsi - que Marseille, ma ville, n'est pas une fin en soi. Mais seulement une porte ouverte. Sur le monde, sur les autres. Une porte qui resterait ouverte, toujours."
Jean-Claude Izzo, Marseille, Editions Hoëbeke, 2000.

Naila


Magnifique poème!!!
Je suis nouvelle arrivante à Marseille et m'interroge beaucoup sur l'origine du nom de cette plage "du Prophète"... est-ce que quelqu'un pourrait me renseigner svp ? De quel Prophète s'agirait-il ? Merci.

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Angèle Paoli auteure
Angèle Paoli auteure, était aussi membre du jury du Prix de poésie Léon-Gabriel Gros (revue Phœnix) pour l'année 2013. Elle a été poète invitée de « Ritratti di Poesia-Fondazione Roma » en 2016.

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