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22 juin 2007

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The Servant :

En 1963, il réalise un de ses chefs-d'œuvre, d'après un scénario d'Harold Pinter : The Servant, reposant sur un duo d'acteurs James Fox l'aristocrate (Tony) et Dirk Bogarde (Barrett) en majordome pervers. Barrett, qui sait se rendre indispensable va, en jouant sur les faiblesses de son nouveau maître, progressivement le réduire à sa merci. Losey présente son film de cette manière : " Le sujet de The Servant est le pouvoir destructeur de ceux qui tentent de vivre selon de faux principes et des valeurs périmées… En fait, on pourrait appeler ce film "la servitude sous toutes ses formes"… Quant à l'histoire, si vous voulez toujours la connaître, c'est celle de Faust ? Ou Méphisto ?
C'est en fait une dénonciation des rapports de classes. dans toutes les scènes, on trouve des rapports de force, domination-soumission.
Le point de vue proposé au spectateur n'est ni celui de Tony, ni celui de Barrett. La narration se veut "objective". La caméra prend la place d'un narrateur omniscient. Avec son décorateur et son chef opérateur, Losey est réputé pour travailler l'image : les acteurs évoluent selon une chorégraphie complexe, dans des cadrages rigoureux, au milieu d'un décor dont chaque élément se veut signifiant et qui globalement devient métaphore. Mais quiconque a vu The Servant n'a pas oublié les miroirs convexes (qui sont le cauchemar du chef opérateur qui ne sait plus où placer ses lumières et sa caméra) où viennent s'inscrire, déformés, les visages des fameux protagonistes.

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