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24 avril 2007

Commentaires

Au-delà des évocations déjà citées, je ne peux m'empêcher lisant ce poème de penser à la Fantaisie de Nerval, Il est un air pour qui..... et à l'image du dernier quatrain :
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... et dont je me souviens !


...ou à une autre figure emblématique "L'Inconnue de la Seine" qui fascina Rilke, Nabokov et Aragon.

OU

« Nous avons fait la nuit je tiens ta main je veille
Je te soutiens de toutes mes forces
Je grave sur un roc l'étoile de tes forces
Sillons profonds où la bonté de ton corps germera
Je me répète ta voix cachée ta voix publique
Je ris encore de l'orgueilleuse
Que tu traites comme une mendiante
Des fous que tu respectes des simples où tu te baignes
Et dans ma tête qui se met doucement d'accord avec la tienne avec la nuit
Je m'émerveille de l'inconnue que tu deviens
Une inconnue semblable à toi semblable à tout ce que j'aime
Qui est toujours nouveau


Paul Eluard, Facile [1935], in Œuvres complètes, I, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, pp. 465-466.

merci, je ne savais où le retrouver et je vous le fauche


La lecture de L'Inconnue de Blok, poème aux accents de "modernité" baudelairienne, me renvoie à "À une passante"

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Charles Baudelaire, Tableaux Parisiens in Les Fleurs du Mal, Œuvres complètes, Éditions Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, 1961, p. 88.



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