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27 février 2007

Commentaires

Chère Angèle,

Cette autre page de Catherine Pozzi me fait irrésistiblement penser à cette phrase de Rimbaud :

"Je vois des femmes, avec les signes du bonheur, dont, moi, j'aurai pu faire de bonnes camarades dévorées tout d'abord par des brutes sensibles comme des bûchers"...

On connaît mal, par contre, sa correspondance avec Paul Valery :
La Flamme et la cendre, Correspondance
de Catherine Pozzi et Paul Valéry (Gallimard, novembre 2006).

Sur www.evene.fr , on peut lire cette présentation succincte :

"Détruite ? Perdue ? Séquestrée dans les profondeurs des bibliothèques publiques ? Pendant trois quarts de siècle, toutes les rumeurs, chacune traînant sa part de vérité, ont couru sur le destin de cette correspondance, réputée sulfureuse. On en parlait peu dans le monde, encore moins, forcément, dans la presse. Dans les publications où il était impossible d'esquiver le sujet, on s'ingéniait le plus souvent à occulter le nom des correspondants. Mais les temps ont changé, les moeurs aussi, et la voici enfin, exhibée au grand jour, cette étonnante correspondance, ou du moins ce qu'il en reste : un grand pan d'une histoire d'épanouissement amoureux et de crise affective et intellectuelle - sans doute l'essentiel."

Amitié

Nadine

En effet, Nadine, "détruite" semble-t-il plutôt que perdue. Dans le N° 935 (1er au 15 décembre 2006) de La Quinzaine Littéraire, Marie Etienne cite ces mots tirés du testament de 1929 de Catherine Pozzi:
"Je veux et entends que les lettres et papiers de la main de Mr. Paul Valéry soient détruites par mon exécuteur testamentaire devant témoin, et qu'un procès verbal de cette exécution soit dressé... L'on avisera Mr. Paul Valéry de la destruction de ces lettres afin qu'il retrouve une certaine paix; je ne les ai pas condamnés par colère ni aucun sentiment qui puisse blesser... seulement elles représentaient des valeurs spirituelles qui... n'étaient que la simulation de l'esprit".
Le notaire s'exécute et "brûle donc 956 lettres, dessins et photographies de Paul Valéry et 380 lettres de Catherine Pozzi".
L'établissement de la correspondance La Flamme et la cendre a nécessité de la part de l'éditeur Joseph Lawrence, un "véritable travail d'archéologie littéraire" qui s'est fait à partir du Journal de Catherine Pozzi.

Bel hommage touchant... Lyon, "les lyonnais", c'est tant d'autres choses encore... Je ne connaissais pas ces origines à Catherine Pozzi dont les mots, toujours, me vont droit au coeur. Merci pour ceci aujourd'hui.
Amitiés,

Cette note sur le Journal de Catherine Pozzi est passionnante. Je l'ai lue, tout en ayant en tête l'arrière-plan historique. Notamment les manifestations antiparlementaires des ligues d'extrême-droite du 6 février 1934, et les retombées de l'affaire Stavisky (le corps d'Albert Prince, conseiller à la cour d'appel de Paris, retrouvé sur la voix ferrée le 21 février). Sans oublier le discours secret de Hitler devant les officiers supérieurs de l'armée le 28 février. Ce même mois était mort Louis Forton, le créateur des Aventures des Pieds nickelés. Avec Les Temps difficiles, nous sommes bien dans la modernité, comme le dit Assouline. Espérons toutefois que nous ne soyons pas dans une "folle" actualité.

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