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28 janvier 2007

Commentaires

Immense l'oeuvre de Pollock et puis sa vie fascinante... ce qui interroge. Sa vie et nous-même en rapport avec cet homme a posteriori.
Une reconnaissance tranquille a posteriori. Facile après-coup.
Mais en face, en face de cet homme aurions-nous eu la même reconnaissance ? Alcoolique, colérique, violent peut-être ? Aurions-nous eu cette même compassion ?
Ce peintre aujourd'hui, sans exposition, sans argent, sombre et parfois sans force, et puis pénible avec ses échecs, pour tout dire insupportable, à ressasser, serions-nous capables de le tolérer ? Car il n'est pas Soulages et vous taxerait bien dix euros pour vivre aujourd'hui.
Vous, confortablement assis.

Sans doute, Cordesse, mais je crois que cette question se pose pour beaucoup d'autres artistes, pour la plupart insupportables, infréquentables et invivables, pour mille raisons différentes ! Peggy Guggenheim a été une des rares à avoir eu le génie de reconnaître, pris au plus fort de leur misère, déchéance ou décrépitude, les grands artistes de son temps et le courage de les soutenir et de les aider moralement et financièrement.
Quant à moi, je ne me prononce pas, je tente de comprendre à partir de mes modestes critères personnels, une oeuvre-choc qui aujourd'hui me fascine (j'ai eu l'occasion de voir de nombreux tableaux de Pollock, au MoMa, notamment).

Pour ce qui est de la compassion, je n'en suis pas encore là, j'ai encore pas mal de chemin à parcourir, je crois, avant d'atteindre le stade du boddhisattva en délassement royal. Mais faut-il pour autant désespérer, quand bien même j'aurais l'intime conviction de ne jamais y parvenir.

Vous m'excuserez, j'en suis sûr, cette petite colère, Angèle. Mais voyez-vous, je fais mes colères comme d'autres font leurs gammes. Certaines injustices artistiques et sociales surtout me font (presque) toujours réagir !
Je me rassure en me disant que c'est signe d'être encore vivant, n'est-ce pas ?
Ah, tout de même ! Que j'aimerais parfois atteindre ce stade dont vous parlez !

Comme je vous comprends, mon cher Cordesse. Je suis comme vous, loin du compte. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, croyez-moi, mais le naturel, c'est bien connu, revient toujours au galop, n'est-ce pas ? Et le jour où je ne me passionnerai plus et serai seulement emplie de compassion pour tout un chacun, je crois bien que ce jour-là je serai morte. Alors, patience, ça peut attendre encore un peu, je ne suis pas vraiment pressée.

Pollock est mon père spirituel dans l'Art de peindre. Merci à Jackson.

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