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10 novembre 2006

Commentaires

Merci beaucoup pour ce 10 Novembre _____

Je suis très touché ! Pour Arthur et pour mon anniv. …
Ce soir je pense à ma mère… et vous me donnez une fois encore l’occasion de vous livrer un autre extrait de ce fameux Journal d’un piètre séducteur (1969), d’un auteur inconnu :
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… Certains passagers montraient leurs passeports, d'autres se contentaient de passer par le tourniquet d'acier en disant -"rien à déclarer". Derrière les policiers, Philippe vit un homme petit vêtu d'un imperméable mastic qui faisait signe à deux acolytes de le suivre. Ils arrivèrent vers Anne Marie en faisant s'écarter les voyageurs. Immédiatement Philippe prit son sac et se précipita en courant vers la passerelle de verre. Le flot des passagers qui arrivaient encore l'empêcha de courir aussi vite qu’il le fallait. Il les bouscula mais la contrepente du tapis roulant offrait une résistance à ses pieds. Très vite les inspecteurs le rattrapèrent. Le plus petit, celui qui avait des moustaches épaisses, l'agrippa par les épaules. Aussitôt Philippe se jeta sur le caoutchouc du dégueuloir à bagages, sortit un revolver de son sac, mit le canon dans sa bouche et tira. Le sang se répandit entre les pastilles noires du revêtement de la passerelle. Son cadavre, comme un paquet inerte, roula sur le carrelage blanc du hall de la porte 24. Il achevait sa vie dans l'air conditionné de l'aéroport et ne sentit pas l'atmosphère glacée de l'Europe enneigée.

Dans son sac on retrouva, recopiée à la main cette lettre sur un papier à en-tête :
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"Hôtel de l'univers"
Le Caire

Marseille, le 9 Novembre 1891

Monsieur le Directeur,
Je viens vous demander si je n'ai rien laissé à votre compte.
Je désire changer aujourd'hui de ce service-ci, dont je ne connais même pas le nom, mais en tout cas que ce soit le service d'Aphinar.
Tous ces services sont là pourtant, et moi, impotent, malheureux, je ne peux rien trouver, le premier chien dans la rue vous dira cela. Envoyez-moi donc le prix des services d'Aphinar à Suez, je suis complètement paralysé : donc je désire me trouver de bonne heure à bord. Dites-moi à quelle heure je dois être transporté à bord…
Arthur Rimbaud

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Le 9 Novembre 1891 sur son lit de mort à l'hôpital de la Conception à Marseille, Rimbaud dictait à sa sœur cette lettre pour le Directeur des Messageries Maritimes. Le 10 Novembre à 10 heures du matin la mort le délivrait.

Philippe était né un 10 Novembre, le jour anniversaire de la mort de Rimbaud. Il n'avait pu atteindre la trentaine, les renoncements et mutilations qu’impliquait le monde adulte l'avaient anéanti…

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Son portrait aussi par Ernest">http://www.arthurrimbaud.be/portfolio/displayimage.php?album=17&pos=0">Ernest Pignon-Ernest, en diaporama.


Oui merci encore à vous deux !

Amicizia
Guidu_______

Conosci questo splendido sito Angèle ?

Lascio un bacio a te e a Guidu i miei auguri di buon compleanno, ho perso il suo indirizzo mail...sorry! :)
Scrivo prestopresto!

Très émouvant ce passage parfaitement choisi que j'ai lu avec grande attention. Si Patti Smith m'inspire depuis tant d'années, c'est dans la vie et l'oeuvre de Rimbaud qu'elle puise depuis toujours son talent. Voici "Easter" (1978) en hommage au poète maudit :

Easter Sunday, we were walking.
Easter Sunday, we were talking.
Isabel, my little one, take my hand. Time has come.

Isabella, all is glowing.
Isabella, all is knowing.
And my heart, Isabella.
And my head, Isabella.

Frederick and Vitalie, savior dwells inside of thee.
Oh, the path leads to the sun. Brother, sister, time has come.

Isabella, all is glowing.
Isabella, all is knowing.
Isabella, we are dying.
Isabella, we are rising.

I am the spring, the holy ground,
the endless seed of mystery,
the thorn, the veil, the face of grace,
the brazen image, the thief of sleep,
the ambassador of dreams, the prince of peace.
I am the sword, the wound, the stain.
Scorned transfigured child of Cain.
I rend, I end, I return.
Again I am the salt, the bitter laugh.
I am the gas in a womb of light, the evening star,
the ball of sight that leads that sheds the tears of Christ
dying and drying as I rise tonight.

Isabella, we are rising.
Isabella, we are rising . . .

Et pour vous deux, sur votre île, ces mots célèbres :

L'Eternité

Elle est retrouvée.
Quoi? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Arthur Rimbaud- mai 1872

Amitiés,

Apparemment une vraie folie, Pascale, que de décider de se retirer dans un hameau désert sur une île. Mais savais-tu que ces vers de Rimbaud constituaient le final de Pierrot le fou de Godard (panoramique sur une mer immensément bleue) ?

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