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03 juin 2006

Commentaires

Flap ... l'oiseau se pose et dépose ... et répond à la fureur par la fureur ...

*

Le combat …

C'était l'heure du choc, du cri, des tremblements
L'heure où de la dame noire aiguise un peu sa faux
L'heure où le souffle court mais tenaces et vivants
Une assemblée de gnomes affronte tous les maux

Et le vent fou furieux s’engouffrait dans les arbres
Arrachant de ses griffes des lambeaux de tourment
Aux lourds nuages sombres à l’aspect bien macabre
Que des éclairs hideux éclairaient par moments

Le feu dans la clairière puissant mais tourmenté
Rougissait les visages et allongeait les ombres
La meute silencieuse des loups de la contrée
Veillait à quelques pas au milieu des décombres

C’était l’heure du choc, du cri, des tremblements
L’heure des guerriers lourds d’armes avides
L’heure où les yeux des fous brillent au firmament
Des ventres tordus de peur et des rires insipides

Et le vent fou furieux s’engouffrait dans les arbres
Emportant avec lui le bruit mat de la hache
Qui broie en un instant la tête candélabre
En rougissant sa lame du souffle qu’elle arrache

Le feu dans la clairière puissant mais tourmenté
Eclairait les gisants de boue sanguinolente
On courrait de partout encore on se battait
Pénétré par l’horreur à l’odeur si présente

C’était l’heure du choc, du cri, des tremblements
Une heure où tout finit, une heure de précipice
L’heure où la fée Amour dormait résolument
Laissant là les humains boire dans le calice

*

busard

Flap ... again pour un nouvel opus ... une suite en quelque sorte ... mon intention était de rentrer à l'intérieur du combat ... de focaliser sur l'instrument ...

*

La lame …

La lame file sifflant les serpents
En une danse étrangement lucide
Virevolte et s’infiltre aux fontaines de sang
Guidée par une main acide

Elle donne la mort et elle prend la vie
Fiévreuse d’une rage avide
Et le froid de l’acier s’insinue à l’envi
Des larmes aux couleurs humides

La lame choque la lame amère
Sonnant de déception de ne pouvoir tuer
Etincelles bleuies de frustrations entières
Eclat mat et vibrant de violence indomptée

La lame est possédée par l’honneur du guerrier
Qui la brandit bien haut aux idées vertueuses
De la foi, de la loi, du bon droit coutumier
Au respect de la règle dictée incestueuse

Mais la lame est perdue au-delà de son âme
Quand elle ne sert plus qu’au travers d’une balle
Qui déchire cet air sec détonnant de la flamme
A ce cœur éclaté du rythme qui s’emballe

La balle silencieuse fusionne la chair
De ce doigt qui appuie, appuie, appuie
Anonyme et discrète frappant en un éclair
Terreur de cet ennui, ennui, ennui.

*

busard

Ces éclats dispersés, ces mots qui s'éloignent ont une musique profonde et très pure... Rien de superflu, juste l'essentiel, l'ossature.

J'aime particulièrement ce poème, sa fin comme un couperet : tuer le rêve de mort lente...

A bientôt, Angèle !

Flap ... pour terminer la trilogie ... après pendant et dedans voici ... avant ... car l'horreur n'est-elle pas dans l'attente et l'inaction ?

*

Avant le combat

Le tambour sonne au cœur d’un roulement lugubre
Protégeant de la peur l’essence du guerrier
Il clame avec vigueur des pensées insalubres
Cette rage aux odeurs d’urine et d’air vicié

Souffle court il attend, le sang battant aux tempes
Poussé par cette envie d’entrer dans le néant
A l’orage des sens coulant en pluie battante
Dont il va s’abreuver à l’oubli de l’enfant

Le tambour sonne lourd aux jambes qui fléchissent
Les compagnons fragiles désespèrent du sort
Les âmes sont à nu et les regards trahissent
L’effroi, le désespoir et l’envie de la mort

L’idée qui le soutient se brandit comme femme
Ondulant des passions équivoques et sincères
Lui donnant cette ardeur que procure la flamme
Aux mains rougies souillées à l’encre délétère

Le tambour sonne encore et toujours lancinant
Les cris répondent au cri des hommes fascinés
Ils répondent aux signes en se montrant ardents
Prêts à donner leur vie à cette destinée

Et les pieds qui trépignent en cadence le temps
Qui rapproche la faux coupante et sure
Des corps de cette lame à l’ouvrage pourtant
Froide et précise aux éclats de morsure

Le tambour gronde fou d’une joie de l’ivresse
Répandant la clameur des paroles de haine
A l’appel des sorciers fidèles à la déesse
Sous le joug des damnés à l’âme dans les chaînes

*

busard

Des mots?
Ah oui, des mots!
Raison, je te sacre vent du soir.
Bouche de l'ordre ton nom ?
Il m'est corolle du fouet.
Beauté je t'appelle pétition de la pierre.
Mais ah ! la rauque contrebande
de mon rire
Ah ! mon trésor de salpêtre !
Parce que nous vous haïssons vous et votre raison,
nous nous réclamons de la démence précoce de la
folie flambante du cannibalisme tenace

Trésor, comptons :
la folie qui se souvient
la folie qui hurle
la folie qui voit
la folie qui se déchaîne

Et vous savez le reste

Que 2 et 2 font 5
que la forêt miaule
que l'arbre tire les marrons du feu
que le ciel se lisse la barbe
et caetera et caetera...

Qui et quels nous sommes ? Admirable question !

Aimé Césaire,Cahier d'un retour au pays natal, Présence africaine, Collection Poésie, 1983, pp. 27-28.


Flap ... une forêt qui miaule ...
quelle sorte de forêt cela peut-il être ?

mdrrrrrr

busard

j'aime beaucoup ces épingles qui s'enfoncent
aussi lentement que leur ombre
dans la chair

Merci, Viviane. Grâce à toi, je redécouvre mes textes et les "polaroïds" qui les accompagnent. C'est toujours une surprise... et un grand plaisir que ce partage.

Flap ... pour un petit signe de l'oiseau à Angèle !!!!

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