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09 avril 2006

Commentaires

Désert, action, littérature... C'est vrai que le film avait de la présence. A T.E. Lawrence, j'ai appris, depuis, à préférer son homonyme, D.H. Lawrence (pour sa bravoure morale) et... Théodore Monod. Qui déserte, lui aussi, qui agit, qui écrit. Faut-il choisir ? C'est selon. J'ai choisi de choisir David et Théodore. - J.-M.

David et Théodore comme Jules et Jim ? J'ai un peu de mal, tout de même, mon cher Jean-Marie, à imaginer Théodore lisant sur son chameau L'Amant de Lady Chatterley, ou comme figurant dans Women in Love de Ken Russell, dissertant sur l'art de manger les figues. Ceci reste entre nous évidemment...

Pour ce qui est de Théodore, je suis assez d'accord avec Yves. Le seul et unique roman que Théodore lisait dans le désert, c'était, c'était... Allons, Jean-Marie, donnerez-vous votre langue au chat ?
Ce n'est que lorsque vous nous aurez donné votre réponse que nous pourrons réellement choisir!

"Il savait écouter. Et il savait lire. Pas les livres, ça tout le monde peut : lui, ce qu'il savait lire, c'était les gens. Les signes que les gens emportent avec eux : les endroits, les bruits, les odeurs, leur terre, leur histoire... Ecrite sur eux, du début à la fin. Et lui, il la lisait, et avec un soin infini, il cataloguait, il répertoriait, il classait... Chaque jour, il ajoutait un petit quelque chose à cette carte immense qui se dessinait peu à peu dans sa tête, une immense carte, la carte du monde, du monde tout entier..." Alessandro Baricco, >Novecento, pianiste, page 44. (JM)

Oui, les grands espaces d’humanité, la fierté du désert

Mais toute cette tristesse dans les yeux de Lawrence, dans les yeux de Peter...
Et cette inévitable trahison des hommes…

Bien sûr, il y avait le livre de la vie. Celui-là, il le lisait presque les yeux fermés, jusque dans les moindres ridules de la peau. La peau de la terre et celle des hommes. Pourtant, il avait toujours avec lui un livre, "Le livre". Le seul dont il ne pût se passer. Celui-là l'accompagnait partout. Tous les jours il en lisait de larges extraits, grignotés ici et là par le sable du désert. Il connaissait tous les rouages de ce roman d'une époque révolue, il en avait analysé toutes les finesses, toutes les subtilités. Il l'aimait. Il en savourait les phrases. Le style sobre de cet écrivain hors pair l'absorbait tout entier. Seul, perdu dans les immensités arides, il se reposait des fatigues de ses longues marches avec une femme de lettres. Une femme du Grand Siècle. Madame de La Fayette. Et il bivouaquait, tous les soirs, sous le ciel étoilé de la cour d'Henri II, avec la plus noble des princesses. La Princesse de Clèves.

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