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18 mars 2006

Commentaires

"Bâiller, faire semblant de dormir
pour que les autres
ne sachent pas mes pensées"

Tanka de Ishikawa Takuboku dans L'amour de moi, Arfuyen, Orbey, 2003, p. 37.

ILLUSTRER LES REVES __________

Chère Angèle, j’aime beaucoup ce rêve serein de vous en train de dormir, magnifiquement illustré par ce célébrissime Picasso, et qui aurait pu l’être aussi par celui-là, plus ancien, du géant catalan : Femme qui rêve à Venise (1900).

Votre texte est étonnant dans sa brièveté qui ne raconte rien d’onirique. Comme s’il ne décrivait qu’une posture servant d’introduction à tous vos autres textes de la rubrique - Rêves de Femmes - dont je me suis toujours étonné que vous écriviez femmes au pluriel, car il ne s’agit - me semble-t-il - que des vôtres ?

Sur la question de l’illustration de ce "rêve de rêve", j'ai un moment pensé vous proposer de le faire avec Johann Heinrich Füssli (1741-1825), ce peintre romantique anglo-helvète qui, lui, a peint Le Cauchemar. Mais l’attitude qu’il propose, et que je trouve magnifique, dit plus que ce que vous vous dites ! Donc je suis hors sujet. Je le suis souvent !

J'aurais aussi pu vous proposer cette toile : Invito alla notte de ma belle consœur italienne Elena Tognoni. Je ne sais pas si vous connaissez ?

Enfin, vous pourrez lire en pdf : Le rêve de la femme funambule de Philippe De Jonckheere, le créateur du site Desordre.net.

Amicizia
Guidu _________

Merci, Pascale, pour ce tanka qui me fait sourire, tant il est proche de certaines de "mes réalités". Il me rappelle cet autre rêve que j'ai intitulé Mort pour rire que vous pouvez lire dans la rubrique Rêves de femmes dont parle justement notre ami Guidu.

Merci à vous, mon cher Guidu, pour vos interrogations et suggestions iconographiques. Je ne connaissais pas cette toile de Picasso, mais je ne crois pas que je l'aurais choisie ici pour illustrer mon texte. Elle est trop chargée d'érotisme pour un texte comme celui que j'ai écrit, qui est un texte d'une sérénité un peu inhabituelle, c'est vrai. Le Cauchemar de Füssli est très envoûtant et très romantisme noir. C'est plutôt ce que je rêve quand je suis très très en forme. En choisissant cette toile de Picasso, je vous ai évité le traquenard du hors sujet, dans lequel vous ne seriez de toutes façons pas tombé ! Vous me connaissez trop bien !
Merci de me faire découvrir Elena Tognoni que je ne connaissais pas du tout. Je vais revisiter tout cela attentivement, et qui sait, il en sortira peut-être quelque idée intéressante.
Merci encore à tous deux et bonne soirée.

Magnifiques portraits de chats de Elena Tognoni...

UN COUP DE DÉS JAMAIS N'ABOLIRA LE HASARD____

Chère Angèle,

Dans Le Monde de ce 1 avril 2006, un article - Les cauchemars de la raison - à propos de l'exposition qui ce tient actuellement à la Tate Britain de Londres " Gothic Nightmares : Fuseli, Blake and the Romantic Imagination", il est question justement de ce tableau de Johann Heinrich Füssli que je vous proposais le 19 mars 2006 à 14h17… !

Ainsi, par simple intuition et sans aucune information, mais par pur hasard, une quinzaine de jours avant Le Monde, sur TdF on était en avance sur l’actualité culturelle !

J’expédie à votre webmaster une version Word de cet article afin qu'éventuellement il l'indexe à l’attention de vos lecteurs, car comme vous le savez, la consultation en ligne des articles de notre prestigieux quotidien n’est possible que le jour même, par la suite il faut payer pour y accéder … j’ espère que Philippe Dagen, ce brillant chroniqueur d’Art n’en voudra pas trop aux animateurs passionnés et généreux de Terres de femmes de lui rendre hommage !

Amicizia
Guidu____

Guidu, merci pour cet article du Monde. Il a le mérite de me rafraîchir les idées sur une période que je connaissais assez bien jadis. Cette toile de Füssli m'a toujours fascinée. Elle m'impressionne à plus d'un titre. En tant que peinture, tout en contraste. Pour la sensualité et l'érotisme savant qui se dégagnent de ce corps féminin abandonné au sommeil... mais pas seulement ! Aussi parce qu'elle m'évoque les grands romans du "Romantisme Noir" dans lesquels j'ai abondamment baigné : Le Moine de Lewis, Le Château d'Otrante de Walpole. Ma rencontre avec les pays du nord et leurs mythologies s'est faite par le biais de la littérature et de la peinture. J'en ai été marquée durablement. Mais les esprits de la nuit tendent à s'éclipser. Parfois j'en viens presque à regretter leur présence insolite dans mes rêves, leurs ricanements simiesques, leurs petites facéties. Peut-être devrais-je renouer avec mes anciennes amours ?

Savez-vous que au dos du Cauchemar de Füssli figure, paraît-il, un portrait d'Anna Landolt, dont Füssli était amoureux et dont les parents d'Anna refusèrent le mariage avec le peintre !
C’est ce que l’on peut lire sur une biographie de Fussli que publie la Web Gallery of Art :
Je trouve cette curiosité intéressante et banale aussi : j’ai en effet vu au cours d’une rétrospective Modigliani à Rome un tableau avec un reverso !
En même temps les deux formats, un en hauteur, l’autre en largeur , ont l’air contradictoires ???
On a beau dire, Internet c’est fabuleux pour approcher l’art, mais voir une œuvre en vrai, c’est incomparable !!!
Si quelque spécialiste nous éclairait sur la véracité de cette curiosité, on pourrait dire que la Toile est vraiment magique !
Compte tenu de l'audience sans cesse grandissante de TdF, on peut espérer une réponse ! Qui sait ?

Amicizia
Guidu _____

Cher Cavaliere, j'ai eu beau chercher dans les trésors de ma bibliothèque (il est vrai très en désordre pour quelque temps), je n'ai rien trouvé sur la "curiosité " que présente ce tableau. Je suppose que l'on peut faire confiance à la Web Gallery of Art, mais rien ne vaut les plaisirs jubilatoires d'une petite enquête. La question que vous posez me semble digne de Lunettes Rouges à qui nous pourrions peut-être demander de nous éclairer. Qu'en pensez-vous?

Un poème de Michaux "je rêvais que je dormais. Naturellement je ne me laissais pas prendre puisque j'étais éveillé..." me revient en mémoire. Il m'a donné du fil à retordre au Conservatoire ! Difficile à dire, à trouver le ton juste.

Texte très doux, Angèle. J'aime. Mais peut-il en être autrement ? ;-)))

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