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02 février 2006

Commentaires

"Vous devinez, n'est-ce pas ? la joie que j'ai ressentie à me retrouver en Toscane. Car vous savez que j'ai la superstition du Toscan. L'Italien, en général, et quel que soit son dialecte, est pour moi comme un frère aîné. […] Or, parmi les Italiens, le Toscan exerce sur moi une facination particulière. Oui, je l'avoue humblement, le Toscan m'épate […]."
Valery Larbaud, Lettre d'Italie.


"Mais vous désirez savoir quel a été l'emploi de mon temps, ce que j'ai mis dans ces trois mois écoulés depuis que j'ai quitté la France. Eh bien, voici. Six semaines sur la côte tyrrhénienne, près de l'embouchure de l' Arno; et six semaines sur (ou près de) la côte adriatique entre Rimini et Ancône."

Valery Larbaud, Lettre d'Italie, Éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1958, p. 805.

Chère Angèle, je copie à votre intention ces quelques lignes de la fin de l'hommage très émouvant de Saint-John Perse : « À la mémoire de Valery Larbaud. Larbaud ou l'honneur littéraire ».


« Il fut homme de langage, respectueux de l'écrit et de tout ce qu'il consacre de la personne humaine, de l'aventure humaine elle-même. Il a cru au bienfait, à la puissance occulte du langage, et le langage fut pour lui d'éminente souveraineté, étant pour lui l'instance la plus haute et la plus haute collusion, l'intercession suprême et la suprême méditation. […] Et celui-là, de son vivant, fut dessaisi de la parole: relevé du serment et comme "désobligé", au sens propre du mot… Privé du pouvoir de l'écrit, celui qui s'honorait le plus de gratitude envers l'écrit! Privé du mot, de la syntaxe et de l'articulation, celui pour qui l'enchaînement d'écrire fut aussi bien enchaînement de vivre et de connaître !
Tragique d'une telle destinée: l'homme de langage atteint au siège même du langage…
[…] Ah! qu'il fut homme d'honneur, envers sa langue, envers son œuvre, et toute la lignée française où il prenait, si simplement, son rang ! »

(Saint-John Perse, Bibliothèque de la Pléiade, pp. 497-498)

Bien amicalement,
Joëlle

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