« Patrizia Cavalli | Perdre du temps, voilà mon métier | Accueil | Sur les ailes de l’île »

28 février 2006

Commentaires

Emotion soudaine ! Ma mère chantait cette chanson. Elle aimait Damia...

Pas surprenant que la BBC ait interdit cette chanson sur ses ondes. Qu'elles sont tristes et sans équivoque les paroles ! Je vous en livre ici une traduction libre qui vous donnera une idée de la force irréversible de ces mots...

"Dimanche est sombre, mes heures sont sans sommeil.
Ma très chère, les ombres avec lesquelles je vis sont innombrables.
Les petites fleurs blanches ne te réveilleront jamais,
Pas là où le coche noir du chagrin t'a emmenée.
Les anges n'ont pas pensé à jamais te ramener.
Seraient-ils en colère si je pensais te rejoindre ?
Sombre dimanche.

Sombre est dimanche ; avec des ombres je le passe tout entier.
Mon coeur et moi avons décidé d'en finir.
Bientôt il y aura des bougies et des prières qui sont tristes, je sais.
La mort n'est pas un rêve, car dans la mort je te caresse.
Avec le dernier souffle de mon âme je te bénirai.
Sombre dimanche."

Irréversible, sans doute, comme tout voyage sans retour. Ce qui surprend le plus, c'est l'envoûtement irrépressible que continue à avoir Gloomy Sunday, si l'on en juge par le nombre de sites "dédiés" qui fleurissent un peu partout (fleurs vénéneuses bien sûr comme dans A rebours de Huysmans), mais particulièrement en Asie. Les chanteurs ne s'y sont pas trompés, qui sont pléthore (il est vrai que la mélodie, sublime, a contribué à rendre cette chanson totalement "mythique", et pas seulement à en faire un must un peu "gothique"). Une demande d'enquête avait d'ailleurs été soumise en France à une commission d'experts en psychiatrie, pour que l'on tente de déterminer - dans le cas précis de cette chanson - de quoi pouvait relever l'envoûtement morbide et autolytique qui subjuguait tant ses auditeurs. Mais cette enquête n'a pas, à ma connaissance, abouti. Ceci dit, que cette chanson ait aussi été interdite en 1940 pour "atteinte au moral des troupes" me fait paradoxalement sourire. Mais là c'est mon côté "anar" qui ressurgit.

Pascale, je n'ai pas précisé qu'à partir de 1941 (Billie Holiday), un troisième couplet avait été rajouté pour rendre la chanson plus soft :

"Dreaming, I was only dreaming
I wake and I find you asleep in the deep of my heart, here
Darling, I hope that my dream never haunted you
My heart is telling you how much I wanted you"

C'est beau comme un conte de fées.

Eh bien, voilà ce que j'appelle un revirement en effet ! Un peu mièvre certes, pas très subtil mais bien nécessaire. La lecture des deux premiers couplets m'avait donné des frissons et laissée mal à l'aise....Ah, le pouvoir des mots (et de la mélodie) !

Hi,

J'ai quelques versions de Gloomy Sunday. Si certains veulent faire des échanges, écrire à : [email protected]


En recherchant de vieux souvenirs improbables réveillés par la lecture de Mémoires de Hongrie de Sandor Marai, j'ai découvert votre historique de la chanson "Sombre Dimanche".

J'ai recherché sans grand espoir, mais avec de la suite dans les idées, cette page depuis environ 30 ans, après avoir entendu une partie de l'histoire et quelques accords à la radio dans je ne sais plus quelle émission tardive (la ligne est ouverte peut-être).

Qui plus est, après quelques clics, je réalise que nombre de mes souvenirs présents ou oubliés, parmi ceux qui comptent vraiment, sont là également.

Merci d'avoir rassemblé toutes ces choses (avec une maîtrise de l'outil informatique encore rare à notre époque).

Vous comptez désormais un visiteur fidèle de plus.

Stephane de Toldi
Shanghai

Merci Stéphane. Très touchée par vos compliments. J'aurai plaisir à vous relire. De Toldi, un patronyme peu courant en France. On pense immédiatement à la Hongrie. Avez-vous lu Toldi szerelme (L'amour de Toldi) de János Arany (1817–1882) ?
Amicizia,
Angèle

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.