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    Angèle Paoli, Italies Fabulae
    Éditions Al Manar, 2017.



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« Le Passeur de mélancolie, 6 | Accueil | 18 janvier 1996 | Mort de Leonor Fini »

Commentaires

Instantané d’un habitant de la planète solitude ___________


A cette heure, le café bondé comme d'ordinaire en fin d'après-midi suffoquait de fumée âcre. Dans l'air raréfié et surchauffé se complaisaient les fumeurs obsédés. L'épaisseur malsaine de l'atmosphère enveloppait de brume sèche et piquante leurs visages rougis. Les allées et venues de garçons agiles, magnétisés par leurs plateaux métalliques, imprimaient une pulsation maladive aux parois du bar. Dans ce terrier envahi par des fumigènes, même une taupe aurait succombé.

Yves, assis au fond sur une banquette en skaï marron, encadrée de deux glaces, scrutait le reflet des miroirs. Il contemplait simplement les facettes disloquées des figures mobiles que dessinaient les consommateurs. Leurs gestes convulsifs et hachés rendaient sa vision stroboscopique. Devant lui, sur le marbre de la table jauni par le temps et les chiffons poisseux des garçons, la Quinzaine Littéraire s'étalait largement. Il s'était assis ostensiblement à cette place, dans un coin reculé, pour tuer le temps, pour attendre. C'était sa place habituelle. De la revue, il ne lisait que les gros titres, tout au plus une dizaine de lignes par page. Les personnages du café et leur regard comme des dialogues impromptus le captivaient davantage. Il trouvait ennuyeux les commentaires complaisants de ce journaliste littéraire encensant le dernier ouvrage publié chez un éditeur à la mode. Il essayait d'avancer la lecture d'un paragraphe, mais irrémédiablement, les regards l'interpellaient.

Ainsi il passait de longues heures seul dans les cafés. Rien d'important pourtant ne s'y exprimait, mais sa solitude confrontée à la multitude qu'il trouvait vide finissait par avoir une signification. Les autres lui étaient indispensables, il se nourrissait des paroles incertaines contenues dans tous les regards furtifs. Il y répondait toujours, fixant dans les prunelles les paroles inversées de son propre miroir. Ce reflet brisé en forme d'interrogation sur lui-même, contenait une partie de son propre regard sur le monde. Il savait bien que d'autres comme lui cherchaient des réponses.

Son travail d’éditeur-webmaster d’un site littéraire d’un style nouveau venait d'ailleurs d’être récompensé par un guide de Lonely Planet. C’est le seul article qui retint son attention. Un beau cadeau d’anniversaire en fait. Ce jour, le 18 janvier, était celui de son anniversaire !

Felice compleannu, caru Ivucciu !
Guidu _______


Eh bien Yves, il fallait le dire ! Joyeux anniversaire à toi et des brassées de bonheur à venir !
Amitiés,
Ta fidèle correspondante.

* Guidu : le funambule choisit comme il peut son fil d’Ariane, même dans les bas-fonds des troquets. Et toi, le minotaure au regard di-amanté, voilà que tu me débusques dans ma spirale, que tu me scrutes sur les rives incertaines où j’ai choisi d’être laissé ? Terrifique lecteur, mon semblable, mon frère. Grazie a te pour ta vigilance, u mo fratellu. Merci d'être toi.

* Pascale : eh oui, comme tu le vois, je suis bien un Janus bifrons. A la frontière des ans, au seuil de deux mondes. Merci de ton petit mot.

Cette distinction est méritée. C'est un site de création, composé avec le plus grand soin, où s'exprime tout un monde. Ce qui ne repousse pas dans l'ombre... les fidèles collaborateurs de l'ombre, au contraire !
Amitiés à tous,
J.-M.P.

Yves : permettez-moi de vous souhaiter un joyeux anniversaire à mon tour et vous remercier de vos commentaires dont je raffole.

C'est d'ailleurs grâce à celui que vous avez laissé ce jour (et au clin d'oeil d'Angèle) que je viens à point pour vous souhaiter de continuer à nourrir ainsi v(n)otre regard de ces expressions (dont parle Guidu) qui, pour si fugitives qu'elles soient, n'en inondent pas moins parfois entièrement nos jours.

Avec un jour de retard tous mes voeux Yves...

* Merci, chère Chrysalide. Tenez, je vous trans/cris ces phrases que j'ai à l'instant sous les yeux et qui me tiennent en apnée. Je vous laisse deviner qui en est l'auteur :
"Aimer est jeté à la place d'un cri plus sombre et la vie a tous les aspects d'un complot qu'il est donné à peu de rendre décisif.
Nous n'avons rien à perdre mais tout à égarer."

* Merci à toi Lude...

Moi aussi, comme J.-M.P., j'ai toujours songé à ton site comme à un "lieu" très soigné, lumineux et aéré, où les "objets", simples (mais pas minimals !), chargés tous d'une histoire et d'Histoire, sont choisis/traités - par toi - avec amour pour eux et pour nous.
Merci.

Et, comme d'habitude, bisous.

Bravo! Beau succès pour ce blog délicat et qui nous montre enfin, aux pauvres continentaux de mon espèce, l'aspect souriant, solitaire et poétique de la Corse. Cette Corse que je ne connais pas, que vous magnifiez, et qui me paraît être, comme disait l'un de mes compatriotes, un de ces "lieux où souffle l'esprit".

Continuez ce travail magnifique.

Vraiment très heureuse de vous lire ici, mon cher Alfred, et très émue par vos compliments. Soyez le bienvenu sur mes terres, un des ces lieux aussi "qui tirent l'âme de leur léthargie" pour prolonger votre référence à la Colline inspirée de Sion-Vaudémont et à votre belle Lorraine. Saviez-vous que cette expression "un des lieux où souffle l'esprit" a été reprise par André Breton pour parler de la chapelle de Varengeville, à deux pas du Manoir d'Ango où il retrouvait ses amis, et où Miro a entrepris sa série des Constellations ? Il serait fort intéressant d'analyser la parenté spirituelle qu'il pourrait y avoir entre Barrès et Breton. Il n'est pas certain que Breton soit aussi iconoclaste que ce que l'on a pu penser. A suivre ? Et à nouveau merci...

Ravie de vous retrouver ici Alfred, vous et moi continentaux de l'intérieur attirés par ces terres corses où l'on trouve de quoi satisfaire et partager son amour des mots dans un climat de douce chaleur et de grande tolérance.... Bienvenue donc...

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