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01 janvier 2006

Commentaires

Pour Terres de femmes, pour toutes tes notes, pour tout ce partage, MERCI Angèle !

Une année 2006 riche d'humanité, de créativité, d'amitié : c'est ce que je nous souhaite.

Je t'embrasse !

Cet article me rappelle avec beaucoup d'émotions le spectacle proposé par le théâtre du Petit-Montparnasse, mis en scène par Jean-Luc Tardieu, où ce grand monsieur du théâtre qu'est Jacques Sereys joue avec un énorme talent le texte Du coté de chez Swann de Marcel Proust : il ne le dit pas, il ne le lit pas mais il le vit, pourtant seul sur scène mais si présent dans ce décor de pages manuscrites en pans amovibles.
Je craignais un peu, je l’avoue, en prenant mon billet pour Du coté de chez Proust de m’ennuyer un peu. J’avais en mémoire les pages interminables du livre imposées par mon professeur de français il y a de cela quelques années… Mais Proust est l'auteur idéal pour être entendu, chacun de ses mots trouvant tranquillement son chemin dans la cohésion d’un texte qui sait prendre son temps pour nous révéler toutes ses qualités.
Le spectacle devait s'interrompre fin décembre mais je viens de constater qu'il est prolongé jusqu'à cet été et qu’il est donc encore possible de s’en régaler. Je ne peux que vous encourager à vous y rendre.

Pour en savoir plus sur le spectacle, cliquer ICI.


Merci Edith, pour cette invitation au théâtre. Vous nous donnez vraiment envie d'aller baguenauder du côté de chez Proust. Bien que l'entreprise nécessite probablement davantage de sérieux que ce dont rend compte le verbe que je viens d'utiliser. Mais j'aime l'idée de me laisser porter par la musique du texte, pour m'imprégner au-delà, et par-delà le texte même, d'une époque, de son atmosphère, et par ce monde fourmillant que Proust met en place d'un roman à l'autre, du début de La Recherche à la fin, un monde construit sur une subtile combinatoire de métaphores plus savoureuses les unes que les autres, qui procèdent souvent d'inversions, comme leur auteur lui-même, inversions dont je ne me lasse pas, et même ne parvient pas à me lasser.
Lire et relire Proust, c'est pour moi une décision difficile à prendre, car peu d'auteurs lui résistent. Et après lui, j'ai beaucoup de mal à retrouver "pied" dans ce que je lis. L'ennui bien souvent me gagne et il me faut bien du temps pour retrouver le désir d'abandonner mon cher Marcel !

Fascinante et quasi nervalienne ta conclusion, Angèle. Comme si le regret pouvait aussi avoir ses charmes secrets. Je peux en témoigner, l'après-Proust t'a souvent mise - en tant que lectrice - dans un état d'errance oisive si étrange qu'elle en relève d'une ontologie métaphysique qui ne te correspond pas vraiment. A moins que je n'ose dire qu'elle me déroute.

Déroutée? Je le suis aussi. Par Proust bien davantage que par n'importe quel autre "grand" auteur. C'est vrai, après lui, je me sens en dés-errance, désoeuvrée, abandonnée, futile. Il me faut du temps pour me détacher de lui. Il faut croire que son écriture, ces fameuses longues phrases qui n'en finissent plus de vous détourner, enrouler, emberlificoter dans leurs sinuosités et volutes au point de vous faire oublier à la fin ce que vous aviez lu au début, ces longues phrases me portent et me sidèrent au même titre que le monde qu'elles tissent autour de moi et dans lequel je m'englue irrémédiablement mais avec délectation. Oui, il y a dans La Recherche quelque chose qui me bouleverse et me plonge, le temps de refaire surface, dans un état de déliquescence dont je savoure et redoute les étranges sortilèges.

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