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01 novembre 2005

Commentaires


« Il miglior fabbro… » : il y a là comme l’innervation d’une ellipse éclatée en myriades d’étoiles filantes …et aussi filées que certaines métaphores. Qui nous donnent une infime idée de ce vers quoi nous portent les expansions infinies de Borges ou de Piranèse. Les échos se démultiplient dans la grande forge des mots tout autant que le dérèglement fou d'un navigateur.

Pound : « il miglior fabbro » (le meilleur forgeron de la langue). « Fu il miglior fabbro » ainsi que l’affirme Dante (dans sa Divine Comédie) d’Arnaut Daniel, l’un des représentants les plus éminents du « trobar ric ». Dante, mettant ces mots dans la bouche de Guido Guinizelli, le fondateur du « dolce stil nuovo  ». «  … Fra tutti il primo » (« le premier de tous »), renchérit tout aussitôt Pétrarque ; Pound acquiesçant en écho : « le Duecento nous a légué en héritage deux irremplaçables témoignages: la chiesa San Zeno Maggiore de Vérone et Arnaut Daniel », et mettant Arnaut Daniel dans sa ligne de mire, comme s’il était besoin de ne pas être inerme dans son élaboration des Cantos. Quête démesurée en abîme de tout grand œuvre dantesque. Alchimie aussi. « Poète impeccable, […] parfait magicien ès-lettres », proclame pour finir la dédicace des Fleurs du Mal (Baudelaire à Gautier).

En fait, ce qui pourrait ressembler à de simples hyperliens corrélés n’est que simple rebond au gré d’une lecture (très « hasard objectif ») d’une notule de Christian Hubin (dans Parlant seul, José Corti, page 152).

Comme par hasard encore suit la forte invite d’un ami à la lecture de l’ouvrage de James J. Wilhelm : Il Miglior Fabbro : The Cult of the Difficult in Daniel, Dante and Pound, National Poetry Foundation, 1982. Tâche ardue et exigeante, périple d’odyssée. « Why did these poets write such difficult verse ? ». Pauvres internautes que nous sommes. Joyce, au secours !!



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