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17 octobre 2005

19 juin 1992/Mort à Rome de Margherita Guidacci

«  Poésie d'un jour »
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    Mort à Rome, le 19 juin 1992, de Margherita Guidacci.




Margherita_guidacci
Margherita Guidacci et L’Horloge de Bologne

Image, G.AdC




GUADO

« L'anno contiene quest'unico guado verso di te.
Ogni volta lo trovo un poco più sommerso,
l'onda più gonfia, la corrente più minacciosa.
Eppure io t'ho raggiunto ancora,
ed ogni breve istante che trascorro accanto a te
diviene un " sempre "
e se ne nutrirà anche il tempo deserto.
Se una dura legge c'imporrà un " mai ",
noi condannati ed immobili sulle opposte rive
intrecceremo tuttavia i richiami
di un desiderio tramutato in splendore.
Così la Tessitrice ed il Pastore si rispondono:
Vega ed Altair tra cui si snoda
l'alto stellato fiume. »

Margherita Guidacci, Anelli del tempo, Edizioni Città di Vita, 1993.



GUÉ


« L’an ne contient qu’un seul gué
qui me conduit vers toi. À chaque fois
je le retrouve submergé davantage, les eaux
plus gonflées, le courant
plus menaçant. Et pourtant
pourtant je t’ai rejoint encore, et le moindre instant
passé à tes côtés
devient un « pour toujours ». Le temps désert
en fera son aliment. Et si une dure loi
nous imposait un « jamais », à nous condamnés
immobiles sur des rives opposées,
nous croiserons toutefois
les échos d’un désir transmué en splendeur.
Ainsi la Tisseuse et le Pâtre
se répondent : Vega et Altair
entre eux se dénoue haut perché
le fleuve des étoiles. »

Margherita Guidacci, Les Anneaux du temps, Città di Vita, 1993, traduit et présenté par Martin Rueff, Po&sie, numéro 109, p. 138. Trente ans de poésie italienne, I, Belin, 2004, pp. 138-139.



BIO-BIBLIOGRAPHIE

    Née à Scarperia (près de Florence) le 25 avril 1921, Margherita Guidacci est une enfant solitaire, qui grandit parmi les livres. Imprégnée dès son plus jeune âge des classiques grecs et latins, elle construit sa vie de femme loin des mondanités. Et conduit une triple carrière d’universitaire (thèse de doctorat sur Ungaretti; professeur d'université à Macerata puis à Maria Assunta du Vatican), de traductrice et de poète. Son écriture rigoureuse et sensible est empreinte de mysticisme et d’intériorité. Ses travaux de traductrice la conduisent vers la littérature anglo-saxonne, notamment vers T.S. Eliot pour la prose et Emily Dickinson pour la poésie.

Frappée d’hémiplégie en 1990, Margherita Guidacci compose son dernier recueil, Anelli del tempo, dans la plus grande solitude et meurt à Rome le 19 juin 1992.


Bibliographie en français :

- Neurosuite [Neurosuite, 1970], Arfuyen, 1977, réédité en 1989, traduction de Gérard Pfister.
- Le Vide et les formes [extrait de Neurosuite, 1970 et de Il vuoto e le forme, 1977], Arfuyen, 1979, traduction de Gérard Pfister.
- Le Sable et l’ange [extrait de La sabbia e l'angelo, 1946], Obsidiane, 1986, traduction de Bernard Simeone.
- Le Retable d’Issenheim [L'altare d'Issenheim, 1980], Textes italiens n° 28, Arfuyen, 1987, traduction de Gérard Pfister.
- Sibylles [extrait de Il buio e lo splendore, 1989], suivi de Comment j'ai écrit Sibylles. Traduction de Gérard Pfister. Textes italiens n° 77, Arfuyen, 1992.
- L’Horloge de Bologne [L'orologio di Bologna], Arfuyen, 2000, traduction de Gérard Pfister.



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Commentaires

Belle découverte pour moi. JM.

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