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04 octobre 2005

Commentaires

Chère Angèle,
bonne année 2007
les meilleurs voeux pour toi et les tiens

amicalement
baisers à toi

Tahheyyât Sbah

et ceci aussi pour toi

Paco Ibañez canta a José Agustin Goytisolo

poème de:
JOSÉ AGUSTÍN GOYTISOLO

Autobiografía

Cuando yo era pequeño
estaba siempre triste
y mi padre decía
mirándome y moviendo
la cabeza: hijo mío
no sirves para nada.

Después me fui al colegio
con pan y con adioses
pero me acompañaba
la tristeza. El maestro
graznó: pequeño niño
no sirves para nada.

Vino luego la guerra
la muerte -yo la vi-
y cuando hubo pasado
y todos la olvidaron
yo triste seguí oyendo:
no sirves para nada.

Y cuando me pusieron
los pantalones largos
la tristeza en seguida
cambió de pantalones.
Mis amigos dijeron:
no sirves para nada.

En la calle en las aulas
odiando y aprendiendo
la injusticia y sus leyes
me perseguía siempre
la triste cantinela:
no sirves para nada.

De tristeza en tristeza
caí por los peldaños
de la vida. Y un día
la muchacha que amo
me dijo y era alegre:
no sirves para nada.

Ahora vivo con ella
voy limpio y bien peinado.
Tenemos una niña
a la que a veces digo
también con alegría:
no sirves para nada.

("Salmos al viento", Editorial Lumen, 1980)

traduction personnelle:

"Quand j'étais petit
j'étais toujours triste
et mon père,
me regardant en hochant la tête, disait:
mon fils, t'es bon à rien!

Ensuite, je partis au collège
avec mon bout de pain, et les adieux de la famille
la tristesse m'accompagna
et le professeur me serinait:
petit enfant, t'es bon à rien!

alors vint le temps de la guerre
et j'ai vu la mort de mes propres yeux
et quand tout fut passé et oublié
ma tristesse me tenait toujours
et j'ai continué à entendre:
t'es bon à rien!

et lorsque j'ai porté mes premiers pantalons longs,
la tristesse a simplement changé de pantalon,
et elle m'a suivi
mes amis me disaient: t'es bon à rien!

dans la rue comme à l'école
j'ai appris à haïr l'injustice et ses lois
me poursuivait toujours cet triste cantilène:
t'es bon à rien!

je suis passé par toutes les étapes de la vie,
toujours avec cette sacrée tristesse pour compagne
j'aimais une fille, elle était heureuse, elle
et elle me disait: t'es bon à rien!

à présent, je suis avec elle,
bien mis, bien peigné
nous avons une petite
à laquelle je répète parfois avec joie:
t'es bonne à rien!"

Jubilacion,
J'ai mis un lien sur le titre du poème de Goytisolo. La voix qu'on entend est bien celle de Goytisolo.
Amicizia

PS Angèle sera en ligne en fin de soirée. Elle va être très heureuse de te lire.

Merci à toi, Jubilacion, merci de ta visite et de ta fidélité. Je trouve étrange la fin de ce poème de Goytisolo qui nous enferme dans l'éternelle problématique des transmissions, du répétitif et de l'itératif ! Comment franchir le pas vers un plus de liberté où l'Autre ne soit pas synonyme d'aliénation ?
Bonne et heureuse année à toi et à ceux qui te sont chers.
Je t'embrasse,
Angèle

Bonsoir je ne repasse que ce soir et très vite avant d'aller me coucher
je vais réfléchir à la question que tu poses Angèle sur l'aliénation

et je reviendrai écouter aussi en cliquant sur les liens

(je n'arrivais plus à remettre la main sur cette page chez toi!)

à bientôt!
là j'ai l'occasion de me coucher tôt, j'y plonge!

amicizia


Voici une superbe version de Palabras para Julia



Bonjour,
Puis-je mettre un lien vers cette page de votre blog du 4 octobre 2005 avec les textes de "Palabras para Julia" sur ma page de Facebook, s'il vous plaît ? Elle est si belle.

et pourquoi ne pas traduire... "ça ne sert à rien.."
sous entendu ça ne sert à rien d'être triste...

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