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18 octobre 2005

18 octobre 1901/« La Belle Otero » à l’Olympia

Éphéméride culturel à rebours




Le 18 octobre 1901, Agustina Otero Iglesias, dite Caroline Otero ou « La Belle Otero », fait sa rentrée à l’Olympia dans le rôle de la gitane Mercedes pour Une fête à Séville. Une pantomime en un acte de René Bréviaire sur une musique de Georges Palicot, avec l'acteur Paul Franck dans le rôle du toréador. Cette pièce fut créée pour la première fois au Théâtre Marigny en septembre 1900, en pleine Exposition universelle.




Carolina_otero
Image, G.AdC




Née à Valga (Galice) en 1868, fille naturelle d’une gitane qui la jette, enfant, à la rue, Agustina Otero fait ses débuts dans les cabarets de Barcelone dès l'âge de quatorze ans. Puis, après un passage par Marseille, elle monte tenter sa chance à Paris, en mars 1889, quelques jours avant l'inauguration de l'Exposition universelle (2 avril). Et embrase les planches des music-halls, dont celles de l'Olympia, établissement dont elle a été le symbole pendant dix ans. Sa beauté fatale de belle étrangère lui vaut les jalousies de ses rivales. Parmi lesquelles la Carmencita, mais aussi les trois autres grâces de la Belle Epoque : Liane de Pougy, Cléo de Mérode et Emilienne d’Alençon.

Amie de Colette (qui la dépeint dans Mes apprentissages), la « Belle Otero » met tous les hommes à ses pieds. Les plus grands noms de la Belle Époque se disputent ses déshabillages et ses faveurs. À leurs risques et périls. Depuis les rois - Edouard VII d’Angleterre, Alphonse XIII d’Espagne, Leopold II de Belgique, ... -, jusqu’aux banquiers et multimillionnaires américains, qui la couvrent d’or. Et le président du Conseil Aristide Briand, son amant le plus constant. À l’âge de 40 ans, en pleine gloire, elle décide de quitter la scène. Elle s’installe à Nice et hante les casinos de la Côte d’Azur. Elle se déleste de son immense fortune sur les tables de jeux, et meurt seule et dans l'indigence, à l'âge de quatre-vingt-seize ans, le 10 avril 1965. Qui se souvient vraiment aujourd'hui de « La Belle Otero » , hors quelques hagiographes et nostalgiques de la Belle Epoque ?

« Par son intransigeance et son goût de la liberté », la Belle Otero incarne pourtant (comme le souligne Laure Adler) « l'un des destins les plus scandaleux du siècle passé ». Et les plus hors norme et fascinants.

Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli


Note : Le lien que j'ai fait ci-dessus dans mon papier se justifie plus pour la diversité et l'extrême richesse des documents iconographiques mis à notre disposition que pour l'article lui-même (ni fait ni à faire) sur la Belle Otero. Je pense que le responsable du site est de langue espagnole. Ce qui explique sans doute qu'il puisse avoir une maîtrise aussi imparfaite de la langue française.





Voir aussi : deux ouvrages sur La Belle Otero récemment parus :
- Ramòn Chao,
La Passion de Caroline Otero, Plon, 2002.
- Javier Figuero et Marie-Hélène Carbonel,
La Véritable Biographie de La Belle Otero et de la Belle Epoque, Editions Fayard, 2003.

Pour écouter une émission radiophonique de Daniel Mermet consacrée à la Belle Otero (une émission de 54 min 04, diffusée pour la première fois sur France Inter le 12 septembre 2002, et rediffusée le 31 mai 2004), se rendre sur le site
Là-bas si j'y suis ou cliquer ICI
[noter que, dans cette émission, il est signalé à deux reprises que la Belle Otero est née en 1886. Non c'est bien en 1868 qu'elle est née]
.



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Voici les sites qui parlent de 18 octobre 1901/« La Belle Otero » à l’Olympia :

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