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    Angèle Paoli, Italies Fabulae
    Éditions Al Manar, 2017.



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Commentaires

Très beau fragment érotique en effet. C'est curieux, dans le passage au français, il est comme épuré, fait aérien - alors que l'italien est très simple et terrien.

Ce serait intéressant, Giulia, que tu nous en dises un peu plus sur ce qui t'a conduit à ces conclusions.

Ta remarque, Giulia, m'a tout droit orientée vers un petit exercice. Celui qui consiste à faire un relevé des allitérations. Le texte original d'Edoardo Sanguineti te semble plus "terrien" en raison de la répétition régulière des "t" qui martèle le texte. Les "t" sont moins nombreux dans la traduction et surtout moins rapprochés. Ce qui confère au texte français une légèreté que le texte italien, plus insistant, n'a pas.
On peut se livrer à cet exercice sur d'autres consonnes mais également sur les voyelles. Puis comparer. Tout le travail du traducteur consiste à faire vibrer sous sa langue allitérations et assonances en travaillant le texte au plus près. Dans la chair musicale des mots.

C'est assez difficile à expliquer, mais Sanguineti a créé une progression de mots qui naissent l'un de l'autre, avec un rythme lent et constant, comme celui de l'acte amoureux. Je ne crois pas imaginer plus loin que le texte, tout y est dit clairement. On passe du 'c' au 's' au 't' au 'm', t retour, avec des rimes deux par deux et de fortes allitérations qui ne peuvent se donner en français... C'est comme un psaume. Et puis des mots tout simples de l'italien parlé qui ont un sens précis, voire cru, "semi" pour "semence" et "sbattere" pour (hélas, désolée) "foutre". Aucune vulgarité, mais pas de détours non plus, il faut oser : "ti batto e ti sbatto, e ti ribatto" sonnent fort à une oreille italienne.
En même temps, on est rêveur face à l'élégance du français aérien...

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