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25 avril 2005

Commentaires

Chère Marielle,

quand vous citez ainsi :
« …de très belles jeunes filles, objets de convoitise pour des amateurs d’art qui ne voient pas en elles un être humain à proprement parler, mais une toile, un tableau, une œuvre qu’on expose et qu'on s’enorgueillit de posséder. De simples objets. À l'avenir bien sombre. »
Cela me rend triste, moi amateur d’art, qui pourrais considérer que ce reproche s'adresse aussi à moi, puisque je fais, entre autres choses, CELA.

Pourtant:
« … Femmes... Je vous aime
Femmes... Je vous aime
Je n'en connais pas de faciles
Je n'en connais que de fragiles
Et difficiles
Oui... difficiles… »

Et quand:

« …Au fond de son lit un macho s'endort
Qui ne l'aimera pas plus loin que l'aurore
Mais elle s'en fout, elle s'éclate quand même
Et lui ronronne des tonnes de "je t'aime"… »

Non je ne les laisse pas tomber,
« …Elle sont si fragiles
Être une femme libérée tu sais c'est pas si facile… »

Pardon si j’en fait des tonnes et si je vous agace …
Oui, Femmes je vous aime, sincèrement, je vous jure !
Demandez à PIERRE PAUL RUBENS ce qu'il en pense, il est bien plus éloquent que moi sur ce chapitre !

Amicizia
Guidu_______________


Mon cher Guidu,
Prise hors contexte "Somoza", ma phrase peut en effet sembler bien dure et pessimiste. Mais ce roman l'est, assurément! J'en ai eu froid dans le dos. Si vous ne l'avez pas lu, je vous en conseille vivement la lecture et je serais curieuse (et intéressée) de bénéficier de l'avis d'un artiste et amateur d'art sur les péripéties bien sombres qui arrivent aux objets d'art humain décrits par Carlos Somoza.
Bien à vous!

Je ne crois pas que cette chanson de ce … (comment s’appelle-t-il déjà? Cooky Dingler ?) soit un modèle pour les femmes ! Et encore moins pour les hommes ! Cette chanson est mauvaise, à tous points de vue, mais surtout dangereuse ! Pour ma part, j’aurais presque envie de lui faire la peau à ce Dingler ! Il y a en a assez de coller sur le dos des femmes cette image sirupeuse, remplie de clichés à quat’sous, qui lui font faire du blé à lui, sur le dos des « minettes » qui en raffolent, sans se rendre compte de ce qu’elles chantent ! Primo, les femmes ne sont pas plus fragiles que les hommes ! Si les hommes étaient aussi solides que ce qu’ils veulent bien laisser croire, ça se saurait ! Il y a belle lurette que nous ne sommes plus dupes de leurs stratagèmes ! Et j’en connais plus d’un, moi, qui s’effondre à la première chiquenaude.
Secundo, cette chanson offre une image dégradante de la femme amoureuse qui roucoule dans les bras de son beau macho. Rien de tel pour conforter les jeunes ados « rouleurs de mécaniques » dans cette idée qui, comme je peux le remarquer dans mes classes, fait de rapides progrès dans les rangs. Et des émules, satisfaits de leur image.

Réponse de La Grande Zoa à Cooky Dingler,

« Quand vient l'mardi, la grande Zoa
Met ses bijoux, ses chinchillas
Et puis à minuit, la grande Zoa
Autour du cou s'met un boa

Y en a qui marmonnent
Que la grande Zoa
Ce serait un homme
On dit ça !

Dans sa Rolls blanche
Elle s'en va Place Blanche
Dans des night-clubs
Ou dans des Pubs

Aussitôt qu'elle entre
Elle devient le centre
Des conversations
Entre garçons

Comme elle est bizarre !
Quelle allure elle a !
Et ce grand cou-là, OH !
Mais c'est un boa !

Si de toute la semaine on n'la voit plus
Elle n'a tout de même pas disparue
On peut la retrouver rue des Saints-Pères

Décorateur et antiquaire
En complet veston
Plein d'décorations
Elle vend du Louis-XVI
Avec des yeux d'braise
Mais quand vient l'mardi, la grande Zoa
Met ses bijoux, ses chinchillas
Et puis à minuit, la grande Zoa
Autour du cou remet son boa

Y en a qui racontent
Que dans sa famille
On a parfois honte
Quand elle se maquille

Elle va chez Henry
Pour boire un coca
Et demande un whisky
Pour son boa

Quand il est très tard
On la voit rentrer
Fumant un cigare
À grosses bouffées

On a jamais su
Qui était Zoa
Elle fut mangée crue
Par son boa
Elle fut mangée crue
Par son boa
Elle fut mangée crue
Par son boa »

Régine, 1997

Tenez, pour vous "départager", je vous invite à "partager" avec moi cette chanson de Gianmaria Testa.

Le donne nelle stazioni [format RealPlayer]
(Gianmaria Testa)

(Introduction à "Le donne nelle stazioni")

"Les voyageurs oublient n'importe quoi dans les trains : des parapluies, des livres, des portefeuilles, parfois des perruques...
Ensuite, ils vont chercher ce qu'ils ont oublié au Bureau des Objets Retrouvés.
Mais il y a quelque chose de perdu dans le train qu'on ne retrouve jamais ; ce sont les petites histoires théoriques qui se passent dans les compartiments, quand deux personnes sont seules. Elles se regardent et prennent peu à peu conscience qu'une "histoire" serait possible. Mais ni l'une ni l'autre n'ose dire le premier mot.
Elles attendent.
Des regards furtifs, des semblants d'indifférence, des appels muets, juste d'invisibles ondes. Et le train arrive en gare.
Normalement c'est la femme qui descend. Son copain l'attend sur le quai et ils partent ensemble.
Alors cette "histoire" qui n'existe pas, et qui pourtant existe, s'arrête.
Et le train, tch tch, tch tch, tch tch, reprend son chemin..."

"Le donne nelle stazioni
le donne c'è sempre uno che le aspetta
e quando arriva il treno è già li
che sventola le mani
e se ne vanno via in compagnia
e ti sembrano diverse
e non si voltano più, non si voltano più

Le donne delle stazioni,
e certe gonne come aquiloni nelle tempeste
scure eleganze da cormorani
ombre di rosso sopra i capelli
e sulle mani
ma se ne vanno via in compagnia
e sono già diverse
e non si voltano più, non si voltano più

Perché le donne nelle stazioni,
tutte le donne c'è sempre uno che le aspetta
e cerca gli occhi dai finestrini
non trova gli occhi
ma intanto sventola le mani
e se le porta via per compagnia
e gli sembrano diverse
ma non si voltano più
non si voltano più."

(Traduction partielle de "Le donne nelle stazioni")
Les femmes dans les gares

"Les femmes dans les gares
des jupes comme des cerfs-volants dans les orages
sombres élégances de cormorans
ombres de rouge dans les cheveux et sur les mains

Les femmes dans les gares
toujours quelqu'un les attend
Elles s'en vont
Et ne se retournent pas."

[Source : Site de Gianmaria Testa]

Réponse à Yves, pour Le Donne nelle Stazioni.

Je ne me souviens plus du titre ou de l'auteur, mais deux oeuvres me reviennent à l'esprit en écoutant ceci :
- la chanson de Brassens, "... toutes ces belles passantes / qu'on aime pendant quelques instants secrets...."
- ce film avec Alain Delon et Nathalie Baye (est-ce un Téchiné...? je ne sais plus) dans lequel ils se rencontrent justement dans le train.

Yves, te souviens-tu?

Oui, Giulia, c’est un poème d’Antoine Pol, chanté par Brassens [et qui me bouleversait quand j’étais ado] :

« Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets […]
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant […] »

Quant au film, c’est un film de Bertrand Blier : Notre histoire.

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