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23 avril 2005

Commentaires

Un souvenir: la palmeraie de Jéricho émergeant du désert au Nord de la Mer Morte. Immense. La plus vieille ville au monde, dit-on

COMMENT TAIRE SON SOMMEIL ?_____________

Il en était de l'héroïsme comme de l'amour, les résonances persistaient, la vie était une fuite du temps, l'oubli un sentiment durable, l'anonymat une province dépeuplée, l'errance une moisson stérile.

Angela, en regardant les gouttelettes du jet d'eau se dissoudre sur la surface légèrement métallique du bassin de mosaïque bleue, buvait une gorgée de son thé. L'air dans le ciel de cette matinée s'échauffait lentement. Le minaret de la koutoubia tremblait comme une image projetée sur un drap distendu. Son appareil photo posé devant la corbeille de fruits, lumineuse dans le contre-jour, attendait. Le soleil derrière la rangée de tuiles vernissées lançait sur la lentille de l'objectif un rayon très précis. Elle s'apprêtait à balayer le désert de pierres de sa prison d'images, dans l’attente d’ instantanés en noir et blanc. Drapée d'un silence inhabituel, elle évitait le dialogue. Elle préférait par des regards, des sourires, des poses même, laisser deviner à Philippe son désir qu'il lui confie ses inquiétudes.

Le soleil maintenant s'était hissé haut au-dessus de la galerie couverte. Les mouches virevoltaient au-dessus des tasses vides. Angela regardait Philippe avec tendresse. Il était nerveux. Elle voulait se rapprocher de lui, son inquiétude lui était intolérable. Il posa sur le fauteuil de jardin à côté de lui, le Monde plié en deux, attrapa le paquet de Camel sur la table et en alluma une en savourant les premières bouffées du matin.

Elle s'avança vers lui, et en s'appuyant sur le bras du fauteuil en rotin, elle fit basculer sur le côté le siège déjà bancal. Le visage de Philippe se crispa légèrement, il était surpris par cette petite entorse à la loi de la gravité. Sur ses lèvres, un timide sourire s'esquissa. Il avait vu un brin de malice briller dans les yeux d’Angela. Elle se pencha tendrement vers lui, dégageant son visage assombri pour une mèche trop lourde d'ordinaire rabattue en arrière, et déposa un baiser sur son front brûlant. Les perles de sueur mêlées à la chaleur du soleil lui laissa sur les lèvres un goût de voyage en forme de fuite. En Europe, elle n'était pas si sûre de l'aimer, mais ici, dans leur course, elle se sentait pleine de capacité à prendre en charge ce qu'elle avait toujours refusé d'assumer, la possibilité de l'aider à détourner les ennuyeuses stupidités de la réalité, les difficultés à pousser sa barque toujours plus loin sur le fleuve du vide. Trop souvent les gisants comme des sirènes tentaient de faire chavirer sa précaire embarcation. C'était ce type d'impression qu'inconsciemment elle voulait faire naître en allant photographier les montagnes derrière le rideau de brume.

La réalité pour eux avait quelques accents sinistres. Un bonheur artificiel, une douceur exagérée, un luxe insolent qui s'accompagnait, revers de la médaille, d'un affreux appel de la mort à force de désespérance, d'horizon bouché, de multitude d'éclats de détresse. Leur nihilisme jadis questionnant les conduisait en fait à une impasse au bout de laquelle un grand mur de l'horreur se dressait. Angela n'en avait pas encore parlé à Philippe, mais depuis quelques jours elle se laissait envahir par des pensées très sombres. Ils n'échangeaient presque que des propos d'une dissonante banalité et cela éraillait trop souvent son sommeil.

Extrait du Journal d’un piètre séducteur, auteur inconnu

Amicizia
Guidu _________________

Flap ... mirage ... Simoun ... Gardaïa ... Ichk ... pour une traversée ...

Le sable du désert ...

*

Le sable du désert aux courbes si parfaites
Voile d’un ocre chaud des yeux si malicieux
Que l’on croirait y voir des fauves sur la crête
Des dunes sur tes lèvres d’un rouge si gracieux

Le sable du désert qui s’écoule en vagues
Tumultueuses ploie au soleil des idées
Dattes dont le miel ne me semble plus fade
Et fortin que j’assiège de toutes mes Pensées

Le sable du désert aux reflets de l’aurore
Scintille du sourire et du chant délicieux
De tes mots susurrés et versés de l’amphore
A mon oreille eau d’un vase si précieux

Le sable du désert est au cœur de la terre
Souffrance lancinante aux pieds de l’homme bleu
De son regard perdu si pur et si sévère
Ardent buisson d’amour étouffé par le feu

Le sable du désert fait éclore des roses
Aux larmes des génies parfumées à l’Eden
Dont la soif étanchée à la rumeur que j’ose
Etoiles Aldébaran Sirius Amel Amen

*

busard

Soif

« Les mots se brûlent à la surface
de nos pensées phréatiques

mots croisés
lot du jour
foulant les déserts de l’utile

mots comptés suspendus aux mirages
d’épanchement

langage en vertige de chute. »

Christine Bonduelle, « Agapê », Bouche entre deux, Obsidiane, Collection « Le legs prosodique », 2003, page 30.



Flap ...

Etonnant !!!

Savez ce qu'est l'Ichk ?

... une soif ardente plus forte que celle du désert causée par la passion entre deux êtres.

busardement

"Tout ce qui arrive : SOIF"
Sainte Thérèse d'Avila, Château intérieur.

Busard, je bois vos paroles...
Amitiés,
Pascale.

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