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26 février 2005

Commentaires

Un mail reçu de Sept de cœur________________

ô Amour cerné de peu de corps
comme la connaissance de l'irrespirable espace.
Et le très vert empire de se perdre et souffrir,
l'espèce du sable dans le sang.
Trophée blessé d'os que torturent les portes du grand soleil,
Ta tête entre en pavane dans le feu,
comme l'enfance, dans l'enfance de la mort.

Amicizia
Guidu _______________

"- Ah, enfin, vous le dites franchement.
- Pourquoi ? N'ai-je pas toujours été franche ?
- Très franche, trop franche peut-être pour la vérité sans franchise qui cherche à s'exprimer à travers vous.

Il savait que ni en elle ni en lui il n'y avait rien d'autre que l'effort pour en venir à cette pensée qui, en dehors d'eux, les attendait pour les conduire ou pour les égarer.

S'il l'avait forcée à parler, jamais il n'avait fait pression sur elle pour entrer dans sa pensée. Il ne lui prêtait pas de pensées. Le mot pensée ne contenait pas assez de transparence, pas assez d'obscurité. Elle parlait seulement, elle se taisait seulement.

Il l'attirait, comment l'avait-il attirée ? Il l'attirait constammment, par une immobile, insensible force. Elle était le lieu même de cet attrait qu'il exerçait sur lui : arrêtée ici et non fixée, immobile, d'une immobilité errante.
Vagabonde hors de soi jusqu'à lui hors de lui.

Qu'avait-elle oublié ? Etait-ce très important ?
Oh non, c'était insignifiant. Elle disait cela avec une sorte de paix furieuse, une tranquillité baignée de larmes, traversée de lumière, lourde d'obscurité.

- Pourquoi pensez-vous cela ?
- Je le pense, je le penserai toujours. C'est une pensée à laquelle on ne peut mettre fin.

Il frissonna en entendant cette sorte de condamnation. "

Maurice Blanchot, L'attente, l'oubli, Gallimard, Collection L'Imaginaire, 2000, pp. 46-47.

« Il faut mourir parce qu’on les connaît. » Mourir
de l’indicible floraison du sourire. Mourir
de leurs mains légères. Mourir
de femmes.

[…] Ah, ce qu’elles sont étrangères.
Sur les cimes
de son sentiment elles sortent et déversent
de la nuit transformée de douceur au val
abandonné de ses bras. Le vent
de leur lever fait bruire le feuillage de son corps. Ses torrents
s’en vont en miroitant.

Mais que l’homme
se taise, plus ébranlé. Lui qui
hors les sentiers, la nuit, dans la montagne
de ses sentiments, s’est perdu :
se taise. […] »

Rainer Marie Rilke, Élégies de Duino, Œuvres poétiques et théâtrales, Gallimard , Bibliothèque de la Pléiade, 1997, page 567.

"L'eau coule une distance impose
Un profil à chant de source.

Par politesse ou par simplification
Salue la main qui te donne
Car le mérite n'est pas à toi.

Joueur de feu dans une mercantile approche
Où se déplace avec des glissements de tristesse
Une face à fleurs mauves
Lève une carte et reprends ta place au jeu
Une autre ne pourrait le faire à ta place.

Pas de mots impies ni de protestations sans suite
La symphonie à petites minutes s'use
Plus vite qu'un foudroiement d'horloge
Qui compte à l'infini les grains du balancier.

Car ta victoire est dans ton oubli."


Antoine Carrot,Chemins de sel,

Préface de Marie-Ange Sebasti,
Cahiers bleus/ Librairie Bleue
/Poésie,2004,p.23.

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