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24 janvier 2005

Commentaires

VENDETTA / BANDITS CORSES ___________

Pour apprécier d’avantage encore ce superbe texte de Maupassant et rappeler le contexte de l’époque cher à Mérimée aussi, je vous propose de lire le texte qui suit, trouvé sur le site cosmostreet.fr !


La Corse
L'âme corse

"Si vous aimez à tirer, allez en Corse, colonel ; là, vous pourrez tirer sur tous les gibiers, depuis la grive jusqu'à l'homme" (Colomba, 1841). Observateur fasciné des mœurs corses, Prosper Mérimée est l'un des premiers écrivains à s'être penché sur la tragique coutume sanglante de la vendetta, très répandue en Corse au XIXe siècle. À cette époque, celui qui avait été gravement offensé estimait de son devoir de se rendre justice lui-même. Une vengeance absolument illégale qui répondait à un mythe de l'honneur exacerbé par les passions locales. Le fléau de la vendetta trouve son origine à l'époque de la république de Gênes, dont les Corses refusaient la justice défaillante et partiale. La meilleure façon de régler ses différends était encore de les régler soi-même. Hélas ! une vendetta en appelle bien souvent une autre, qui en appelle une troisième, et ainsi de suite... À ce rythme, la loi du talion a vite fait de dépeupler la Corse, surtout au XIXe siècle. Des familles s'unissent, des clans se forment, des villages entiers s'affrontent. Les victimes se comptent par centaines, voire par milliers chaque année. Et gare à celui qui se soustrait à ce code de l'honneur: déconsidéré par ses proches, il peut être chassé de son village, voire abattu par les siens. L’injure la plus mortelle infligée à un Corse était d'ailleurs de lui reprocher de ne pas s'être vengé (le rimbecco)...
Désireux d'échapper aux représailles, les justiciers prennent alors le maquis. Là, nourris et protégés des gendarmes par les habitants des villages voisins, auréolés de prestige, les vengeurs deviennent des "bandits d'honneur". Symboles de la résistance à l'autorité extérieure, ils sont vénérés... et fantasmés ! Car les vrais bandits d'honneur ne furent pas si nombreux. Parmi les plus célèbres, citons Antoine Bellacoscia de Bocognano, Nonce Romanetti de Calcatoggio, Andrea Spada de Lopigna, Théodore Poli en Aïtone, Antoine Bonelli et Micaelli d'Isola-di-Fiumorbo. Il n'empêche, la situation devenant alarmante, l'État français lance une vaste opération de nettoyage en 1931. Près de six cents soldats sont envoyés en Corse intérieure, portant un sévère coup à la vendetta. Mais la coutume est tenace. Comment ne pas reconnaître dans les règlements de compte qui sévissent encore aujourd'hui sur l'île l'héritage de la vendetta ?

Amicizia
Guidu _______


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