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20 janvier 2005

Commentaires

Venise dans le rétroviseur

« Venise, que Proust appelait « haut lieu de la religion de la Beauté ». Huit ans plus tôt, Proust […] avait vu Venise à travers Ruskin, mais déjà il se rendait compte de ce que cette religion de la Beauté a d’exigeant. « La Beauté ne fut pas conçue par Ruskin comme un objet de jouissance, mais comme une réalité plus importante que la vie… » Si Proust s’en était tenu à Jean Santeuil il n’eût été qu’un hédoniste ; mais il a souffert, il a dépassé la Beauté, il a donné Swann. C’est pourquoi notre sévère époque lui pardonne ses duchesses. Blanc-bec, je n’imaginais pas qu’on eût des devoirs envers la Beauté ; elle ne m’était qu’un biais pour échapper à la morale ; et Ruskin, un effroyable raseur, comme dit Bloch. »

Paul Morand, Venises [1971], Gallimard, Collection L’Imaginaire, 1983, page 33.

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