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26 janvier 2005

Commentaires

« attendu que la mort
est ce silex hostile
cette loi de détresse
ce trou hurlant mais – oui
aussi ce fond de nuit
où s’exhausse ma vie
ce grand mur d’inconnu
où naître a son appel
[…]
je dis fondé l’éclair
éclairant l’air froissé
de vos lèvres disant
l’inconnu de l’élan
d’amour l’insaisissable
sens qui jamais déjà
n’est donné mais viendra »

Florence Pazzottu, « les attendus », L’Inadéquat (le lancer crée le dé), Flammarion, 2005, pp. 17 et 33.

Tu le regardes bien plus loin que
dans sa mort prochaine
Tu l'enveloppes de limbes où
s'embastillent des images
Il te regarde en s'éloignant
à reculons dans la pensée
Il ne te quitte plus des yeux
Il ne veut pas que tu deviennes
"la femme en noir" qui guette
en tremblant ,la haute fugue.
Il aime ton sourire et un peu moins
tes larmes
"La mort viendra et elle aura tes yeux"
dit le poète...

Vifs moments de la grande déchirure visuelle,
émotionnelle, charnelle...Oui, tout cela tu savais... tu savais...

M.P. © Janvier 2005.

« Il n’est que temps de remonter au soleil,
Le feu de son alcool purifie l’air
On le boit à longs traits pour oublier celle
Revenue la nuit déchirer le coeur
Dire adieu de sa main enfantine,
Une chandelle parfois tenue en l’air
Qu’elle souffle comme à regret
Mais sans s’attarder davantage
Ni qu’on la voie disparaître.

C’est elle encore souriant debout
Parmi les asters et les roses
Dans la pleine lumière de sa grâce
Fière comme elle fut toujours
Elle ne se fait voir qu’en rêve
Trop belle pour endormir la douleur
Avec tant de faux retours
Qui attestent son absence… »

Louis-René des Forêts, Poèmes à Samuel Wood, Fata Morgana,1988, pp.11-12.

TON PAYS

Je recueille ton silence
comme les bulles du brochet qui passe
entre les racines des saules,
comme le mutisme de la forêt
qui se reforme après la promenade
devant la tanière des sangliers.
C'est ton pays, où Sisley mourut pauvre
en ayant ajouté de la lumière aux feuilles,
du ciel aux rivières.
Tu as rejoint l'énigme de tes pères
et les sentant monter en moi,
je cherche des mots qui éclairent le temps,
des mots que nos enfants puissent interroger
quand il m'aura fermé la bouche à mon tour.

à mon père

Jean-Pierre Lemaire, "Simple Mortel", L'Intérieur du monde,
Cheyne/Manier-Mellinette/éditeur, 2002, p. 11.

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