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18 janvier 2005

Commentaires

Pour un bel anniversaire à Yves que je ne connais pas encore :

LA NEF DE PARIS DETESTAIT L'AMNESIE

Il y a quelques déserts
Dans les villes d'aujourd'hui,
Où les dunes parfois pourraient faire rêver.
Que faire pour désensabler les chefs-d'œuvre enfouis,
Ressurgir les cathédrales effondrées,
Raviver les lueurs déclinées ?
Ces vents qui dispersent le sable
Sur les citées prétendues altérées,
Pourraient contenir tant de paroles incertaines
De sourires moqueurs
D'espérance éperdue,
Qu'à souffler sans répit,
Ils finiraient bien par façonner une alcôve,
Sorte d'impasse au bout des remparts
Au-dessus de la grève
En une plage sans fin
Comme des fortifications,
Que l'on aurait fait reculer
Au nom d'une terreur renaissante.


Mais voilà qu'à nouveau
On se souvint
Que poussières éparpillées
En recouvrant les buttes,
Désert, avaient restitué.

Autant sur le sable que dans tes pensées
tu sillonnes l'instant sans encombre,
les dunes du temps ayant grimé tes alluvions d'allégresse, tu les repeins lentement
une à une en silence.
Belle occupation, mon frère, pour un Anniversaire...
Je t'embrasse tendrement Via Vida Paoli...

Merci à Marie.Pool/Escarbille Bis et à Guidu.

"Ah! qu’on brûle, ah! qu’on brûle, à la pointe des sables, tout ce débris de plume, d’ongle, de chevelures peintes et de toiles impures

Et les poèmes nés d’hier, ah ! les poèmes nés un soir à la fourche de l’éclair, il en est comme de la cendre au lait des femmes, trace infime

Et de toute chose ailée dont vous n’avez usage, me composant un pur langage sans office,
Voici que j’ai dessein encore d’un grand poème délébile…"

Saint-John Perse, Exil IV, in Saint-John Perse par Alain Bosquet, collection "Poètes d’aujourd’hui", Seghers, page 176.

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